La Commission européenne autorise avec réserve le rachat de LinkedIn
Microsoft devra respecter certains engagements pour préserver la concurrence

Le , par Michael Guilloux

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Six mois après l’annonce du rachat de LinkedIn, Microsoft peut tranquillement finaliser l’opération. La Commission européenne a en effet autorisé l’accord de 26 milliards de dollars, mais sous certaines conditions. À l’instar de Salesforce, Bruxelles a exprimé certaines craintes au sujet de cet accord. La Commission a donc mené une enquête pour voir s’il est possible qu’après l'opération, Microsoft puisse utiliser sa position de force sur le marché des systèmes d'exploitation de bureau et des logiciels de productivité pour renforcer la position de LinkedIn sur le marché des réseaux sociaux professionnels.

Plus précisément, la Commission craignait non seulement que Microsoft installe d’office LinkedIn sur les ordinateurs Windows, mais également que le géant du logiciel intègre LinkedIn à Microsoft Office et combine la plateforme et les bases de données d'utilisateurs de Microsoft. Bruxelles craignait encore que Microsoft empêche les concurrents de LinkedIn d'avoir accès à ses API dont ces derniers ont besoin pour assurer une interopérabilité avec les produits de Microsoft.

L’enquête de la Commission portait également sur le marché des logiciels de gestion de relation client (CRM) et les services de publicité en ligne. Pour la publicité, Bruxelles estime que la combinaison des activités de Microsoft et LinkedIn n’est pas susceptible de créer des problèmes de concurrence vu que les deux entreprises auront une très faible part cumulée dans l’espace économique européen, sur un marché qui est en plus fragmenté.

En ce qui concerne les logiciels CRM, la Commission estime encore que « Microsoft est un acteur relativement faible sur le marché de la gestion de la relation client, où il est confronté à des concurrents puissants, tels que Salesforce, le numéro un incontesté du marché, Oracle et SAP », est-il indiqué dans un communiqué de presse de l’autorité européenne de la concurrence. « En conséquence, la Commission a estimé qu'il était peu probable que l'opération permette à Microsoft d'évincer ces acteurs et d'éliminer la concurrence sur ce marché », a-t-elle conclu.


Le seul problème était donc au niveau des services de réseaux sociaux professionnels. Comme nous l’avons rapporté le mois dernier, pour remédier aux problèmes de concurrence relevés par la Commission sur ce marché, Microsoft a proposé une série d'engagements. Le géant du logiciel a promis :

  • de veiller à ce que les fabricants et les distributeurs de PC soient libres de ne pas installer LinkedIn sous Windows et de permettre aux utilisateurs de PC de désinstaller LinkedIn sous Windows si les fabricants et les distributeurs décident de l'installer d'office ;
  • de permettre aux prestataires de services de réseaux sociaux professionnels concurrents de maintenir les niveaux actuels d'interopérabilité avec la gamme de produits de Microsoft Office grâce au complément d'Office et aux interfaces de programmation d'applications Office ;
  • d'accorder aux fournisseurs de services de réseaux sociaux professionnels l'accès à l’API Microsoft Graph destinée aux concepteurs de logiciels. Cet outil est utilisé pour concevoir des applications et des services qui peuvent accéder aux données stockées dans le cloud de Microsoft, telles que les contacts, les informations relatives au calendrier, les courriels, etc.


Estimant que ces concessions vont permettre de résoudre les problèmes de concurrence évoqués, la Commission a donc approuvé le rachat de LinkedIn par Microsoft. La firme de Redmond devrait donc veiller à respecter ses engagements dont la mise en œuvre sera contrôlée par un mandataire de Bruxelles. Il faut également préciser que ces engagements s’appliqueront dans l’espace économique européen pendant une période de cinq ans.

Dans un billet de blog, Brad Smith, le directeur des affaires juridiques de Microsoft, se réjouit de cette décision expliquant que la firme a « désormais obtenu toutes les autorisations légales nécessaires pour finaliser l’acquisition et l’opération sera finalisée dans quelques jours ». Il faut également préciser que les régulateurs du Brésil, des États-Unis, du Canada et de l’Afrique du Sud ont approuvé le rachat de LinkedIn sans concession.

Sources : Microsoft, Commission européenne

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Que pensez-vous du terrain d’entente entre Microsoft et la Commission européenne ?

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Avatar de Michael Guilloux
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 08/12/2016 à 20:57
Microsoft finalise le rachat de LinkedIn
et donne des précisions sur les plans d'intégration des produits des deux entreprises

Le 6 décembre, la Commission européenne a donné son approbation pour le rachat de LinkedIn par Microsoft, mais à condition que la firme de Redmond se plie à un certain nombre d’engagements qu’elle a pris pour préserver la concurrence dans l’espace économique européen. Cet aval de l’autorité européenne chargée de la concurrence était la dernière autorisation légale attendue pour que Microsoft finalise son opération. Les régulateurs du Brésil, des États-Unis, du Canada et de l’Afrique du Sud avaient déjà donné leur accord sans réserve.

Dans différentes notes postées sur le réseau social professionnel, Satya Nadella et Jeff Weiner, les PDG respectifs de Microsoft et LinkedIn ont annoncé avoir finalisé l’accord en dévoilant par ailleurs la prochaine étape dans leur vision commune. Si l’on avait une idée plus ou moins claire sur ce que Microsoft et LinkedIn pourraient faire après la finalisation de l’accord, Satya Nadella apporte maintenant un peu plus de précision.

Comme prévu, l'outil commercial Sales Navigator de LinkedIn sera intégré dans l'outil de gestion des relations client Dynamics de Microsoft. Pour information, Sales Navigator est un outil de Social Selling, c'est-à-dire qui permet aux commerciaux de faire de la prospection sur le réseau social professionnel. Jusqu'ici, Salesforce CRM était le seul outil de gestion de relation client connecté avec Sales Navigator de LinkedIn, permettant ainsi au numéro des fournisseurs CRM de faciliter à ses clients la prospection sur le numéro un des réseaux sociaux professionnels. Microsoft pourrait donc travailler avec LinkedIn pour mettre en place une intégration plus transparente et plus avancée pour sa solution CRM. C'est d'ailleurs, l'une des principales raisons du rachat de LinkedIn, et la raison pour laquelle le PDG de Salesforce a essayé de persuader les régulateurs européens de bloquer ou d'imposer certaines conditions sur le contrat Microsoft-LinkedIn. Marc Bénioff craignait en effet que Microsoft s’approprie les précieuses données de LinkedIn en fermant l’accès aux concurrents.


Ce n’est pas le seul point d’intégration annoncé par les deux entreprises. Microsoft prévoit aussi d’intégrer le réseau LinkedIn et son système d’identité dans Microsoft Outlook et les produits de la suite Office. Comme résultat, cela pourrait par exemple permettre aux utilisateurs de la suite Office 365 de voir et utiliser les informations de LinkedIn dans leur flux de travail.

D’après Satya Nadella, il sera également possible de permettre aux membres de LinkedIn de « rédiger leur CV sur Word pour mettre à jour leur profil, et découvrir et postuler à des offres sur LinkedIn ». Aucun détail n’ayant été fourni, je présume pour ma part que Word proposera des modèles de CV pour LinkedIn et qu’après avoir rédigé votre CV à partir de ces modèles, une nouvelle fonctionnalité Word pourra vous permettre d’exporter vos informations sur LinkedIn. Jeff Weiner a également annoncé que depuis juin, les deux entreprises ont étudié des pistes d’innovation grâce à l’intelligence artificielle et le Machine Learning. Ce qui veut dire qu’il pourrait par exemple être possible que Word utilise l’IA et le Machine Learning pour analyser le contenu de votre CV LinkedIn que vous rédigez et vous proposer des offres d’emploi sur LinkedIn en fonction des informations sur votre CV. C’est toutefois peut-être trop magique pour être vrai, mais l’avenir nous dira plus.

« Étendre la portée du contenu sponsorisé à travers les propriétés de Microsoft », c’est un autre point d’intégration évoqué par Satya Nadella. Comme le rapporte le quotidien Business Insider, il serait ici possible que Microsoft permette aux annonceurs de MSN d'acheter de l'espace publicitaire sur LinkedIn, pour étendre la portée de leurs annonces. Il faut par ailleurs rappeler que LinkedIn revendique plus de 100 millions de visiteurs uniques par mois. En parlant de MSN, Microsoft prévoit encore de développer un « business news desk » à travers son écosystème de contenu et MSN.com.

LinkedIn Lookup, l'application de LinkedIn qui vise à connecter les personnes travaillant dans une même entité ou entreprise, sera également alimentée par le service d'annuaire Active Directory de Microsoft et par Office 365. Il faut encore retenir que la plateforme de formation LinkedIn Learning sera aussi disponible dans l'écosystème Office 365 et Windows.

Le dernier point dans le plan d’intégration des produits de Microsoft et LinkedIn est que les notifications du réseau social seront directement disponibles sur Windows 10 via le centre d’action Windows. Ici, il faut noter que les utilisateurs risquent d’être envahis par les nombreuses notifications qu’envoie LinkedIn chaque fois que votre profil est consulté, que vous avez un message ou une nouvelle relation. Il sera certainement toutefois possible de les désactiver.

Satya Nadella explique qu’il s’agit de quelques exemples d’un ensemble spécifique de scénarios d'intégration que poursuit l’entreprise. « Au cours des prochains mois, nous commencerons à partager davantage d'informations sur la façon dont nous intégrons les produits, en particulier dans les domaines où nous pouvons tirer parti de la position de Microsoft », ajoute Jeff Weiner.

Sources : Jeff Weiner, Satya Nadella, Business Insider

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi :

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https://www.developpez.com
Le 10/12/2016 à 13:38
Juste parler la langue anglaise.

Après l'obtention reste plus que "doINg".

 
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