La Californie se dote d'un outil pour collecter les données relatives aux incidents
Suite à l'emploi de la force par la police

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Dans un contexte relativement tendu aux États-unis sur la question de la violence policière faites sur les minorités, un groupe de San Francisco a lancé un outil pour collecter et rapporter des données sur le sujet. Bayes Impact, une start-up à but non lucratif dont l’objectif est d’appliquer l'analyse de données à des problèmes de société, a lancé une plate-forme web que tous les services de police de la Californie doivent utiliser pour enregistrer chaque fois qu'un agent est impliqué dans un incident « d’usage de la force ». Il faut préciser que l'État de Californie définit « l’usage de la force » comme étant un tir ou un assaut qui entraîne la mort ou des blessures graves.

Les développeurs de cet outil l’ont présenté comme étant le premier ensemble de données de son genre à être déployé au niveau de l'État dans tout le pays, un modèle donc pour d'autres Etats. Il n’existe pas une base de données au niveau de l’État fédéral qui collectent des données de l’usage de la force, encore moins une définition standard de l’usage de la force. Pour les plus critiques envers les forces d l’ordre, il s’agit là d’un grand pas vers une meilleure responsabilisation de la police.

Baptisé URSUS, l’outil comporte des champs où sont renseignés la race de la personne qui a été blessé ainsi que les officiers concernés, comment l’interaction a commencé et pourquoi l’usage de la force a été jugée nécessaire.

Bayes Impact, qui travaille en collaboration avec le département de la justice de Californie, espère faciliter le rapport des données par les départements et l’analyse par les États. URSUS a été développé dans le cadre d’un projet open source et l’État de Californie va partager le code avec les autres États intéressés sur le reste du territoire. « Il permet d’associer la technologie et la politique ensemble », a déclaré Eric Liu, le directeur exécutif de Bayes Impact. « Nous fournissons des outils afin que les services de police puissent recueillir et communiquer cette information »

Les services de police ont commencé à utiliser d'autres technologies, comme les caméras placés sur le corps, afin de rendre les policiers et les civils plus responsables de leurs actes. La population a également eu recours à d’autres outils comme les captures de vidéos sur des téléphones qui ont été diffusées sur des réseaux sociaux comme Facebook pour sensibiliser sur les bavures policières.

Pour Jim Burch, vice-président des initiatives stratégiques à la Police Foundation, cet outil marque le début d’une force de police plus transparente. « À des fins de compréhension de ces incidents et pour être en mesure de les prévenir dans le futur, nous avons besoin de collecter plus de détails ».

Seuls trois autres États, notamment le Texas, le Colorado et le Connecticut, requièrent que les départements de police gardent une trace des données d’usage de la force, mais leurs systèmes ne sont pas numérisés. De plus, pour le cas du Colorado, seules les données relatives aux tirs des policiers sur les civils sont enregistrées, selon la Conférence nationale des législatures d'État.

Pour le procureur général de Californie Kamala Harris, « en tant que pays, nous devons nous engager dans une conversation honnête, transparente et axée sur les données sur l'utilisation de la force par la police ».


Cette initiative de la Californie survient après que le FBI a fait d’une telle collecte de données une priorité suite à un certain nombre de cas où des officiers de police étaient impliqués dans le décès d’homme afro-américain non armés dans le pays. L’année dernière, le directeur du FBI James Comey a exprimé sa frustration quant à l'absence de données nationales concernant le recours à la force et a expliqué qu’un tel ensemble de données va « dissiper les malentendus, favoriser la responsabilisation et promouvoir la transparence ».

Sur Ursus, chaque fois qu’il y aura un usage de la force, un responsable ou un superviseur va répondre à une série de questions sur le système qui peut être consulté sur ordinateur comme sur dispositif mobile et va envoyer des données au ministère de la Justice. Cette information sera alors automatiquement téléchargé sur le portail Open Justice, un portail web affichant des données relatives à la justice pénale née d’une initiative de l’État de Californie pour un besoin de transparence.

Le service de police à Indio, en Californie, fait partie de la douzaine d’agences californiennes qui ont testé Ursus avant le lancement il y a quelques jours. Le sergent Dan Marshall a déclaré qu'il apprécie la cohérence et la transparence que le système offre à son département qui est composé de moins de 100 officiers.

Pour Patrisse Cullors, co-fondatrice de Black Lives Matter, « nous vivons dans une culture qui perpétue le racisme et nous devons être en mesure de vérifier ce racisme grâce à des données ». « Pour les personnes qui continuent de nier que les disparités raciales existent dans ce pays, ces données nous permettront de partager des faits durant des conversations autour d’un dîner ».

Du côté des forces de l’ordre, nombreux sont ceux qui sont persuadés que ces données vont montrer à quel point ces incidents sont rares, a expliqué Louis Dekmar, vice-président de l'Association internationale des chefs de police et chef du département de police de LaGrange en Géorgie.

Dès l'an prochain, le public sera en mesure d'accéder aux informations sur le portail Open Justice.

Source : Wall Street Journal


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de TiranusKBX TiranusKBX - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 4:11
Il y a déjà un problème si c'est le supérieur du policier qui remplis le formulaire il peut très bien modifier le récit des faits pour protéger son subalterne, il faudrait dans ce cas une tierce partie tel que la police des polices
Avatar de el_slapper el_slapper - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 9:03
Ils sont obligés de bouger.

Après la mort de Terence Crutcher qui est, pour quiconque a regardé la vidéo, un assassinat pur et simple(et toute la culture et l'entrainement de la police, ainsi que les commentaires de l'observateur dans l'hélicoptère, ont poussé la policière à tirer - même si je ne pleurerais pas si elle va en tôle)

Bon, est-ce que ça va aller dans le bon sens au niveau résultats, j'en sais rien. Mais ce genre d'initiatives va se multiplier, c'est fatal. La culture du policier américain qui tire d'abord, réfléchit ensuite, ne peut pas survivre à une époque ou tout est filmé.
Avatar de Vulcania Vulcania - Membre habitué https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 9:45
Un autre souci, c'est qu'avec le fait que n'importe qui peut avoir une arme sur soi, personnellement je serais flic, je n'aurais jamais l'esprit tranquille paranoïaque comme je le suis.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 10:14
URSUS le plagiat russe!

"Si t'es paranoiaque, change de métier."

Personne ne force les parano a travaillé pour la police.
Avatar de AstOz AstOz - Membre actif https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 12:06
Citation Envoyé par hotcryx  Voir le message
"Si t'es paranoiaque, change de métier."

Personne ne force les parano a travaillé pour la police.

Ce n'est pas qu'un problème de flic. Dans un pays où les habitants ont un accès facilité à l'armement de poing et parfois même des armes de guerre, une catastrophe peut arriver très rapidement, les policiers au USA sont soumis à une pression bien plus forte qu'en France par exemple, cela peut justifier le raisonnement "tirer puis poser des questions".
Le fait que les principales cibles des "erreurs policières" soient des afro-américain ou des hispaniques est très simple à comprendre pour un pays aussi nationaliste et où le racisme est encore très présent.
Avatar de Grogro Grogro - Membre émérite https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 12:14
Ne pas oublier qu'aux USA les flics locaux sont l'équivalent de notre police municipale... qui n'ont rien à voir avec les nationaux. Ils sont très mal sélectionnés, ont un entrainement minimum, une pression énorme (culte du chiffre, poids de la hiérarchie, doctrine de la "broken windows" encore indéboulonnable bien que maintes fois débunkée). Et disposent d'un armement démentiel avec tous les surplus militaires de la guerre d'Irak mis à leur disposition par les autorités. Filez des armes de guerre à nos polices municipales comme certains politiciens cinglés le rêvent et vous verrez les mêmes résultats qu'aux USA. C'est tout le système qui pousse au crime.
Avatar de TallyHo TallyHo - Membre averti https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 13:09
Citation Envoyé par el_slapper  Voir le message
La culture du policier américain qui tire d'abord, réfléchit ensuite, ne peut pas survivre à une époque ou tout est filmé.

Dieu sait si je ne suis pas fan de la culture américaine à part ACDC...

Mais je pense que tu prends le problème à l'envers. Tu oublies qu'il n'y a pas la même législation des armes là-bas. Donc c'est un peu normal que les flics soient tendus quand un bonhomme peut leur sortir un calibre plus facilement qu'ici.

Mon ex-beau frère était à la BAC, je peux te dire qu'ils étaient vachement tendus les gars, en plus ils étaient vraiment dans la zone de la zone... Genre de quartiers où tu recevais un frigo qui tombe de l'étage ou alors les mecs qui n'hésitent pas à te foncer dessus en bagnole ou alors même des bandes qui ne te laissent carrément pas entrer dans la zone... Et ce sont des exemples réels que je donne.

Après je n'excuse pas les bavures mais dans des contextes tendus, parfois tu déconnectes complet, il faut vraiment avoir les nerfs solides pour ne pas se laisser emporter.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 13:18
Citation Envoyé par TallyHo  Voir le message
Mon ex-beau frère était à la BAC, je peux te dire qu'ils étaient vachement tendus les gars, en plus ils étaient vraiment dans la zone de la zone... Genre de quartiers où tu recevais un frigo qui tombe de l'étage ou alors les mecs qui n'hésitent pas à te foncer dessus en bagnole ou alors même des bandes qui ne te laissent carrément pas entrer dans la zone... Et ce sont des exemples réels que je donne.

Hawaï 5-O

En amérique, les policiers ayant commis ces meurtres étaient de simples policiers, pas des forces spéciales entrainées à ce genre d'intervention.
Avatar de el_slapper el_slapper - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 14:30
Dans le cas de Terence Crutcher, on a quand même un type dont le seul tort est d'être tombé en panne au milieu de l'autoroute, et qui passe tout le temps les mains en l'air, bien ouvertes, bien vides. Pas vraiment le genre de situation ou on est sensé envoyer le GIGN(ou le SWAT, pour faire américain). Pas dans des gens qui vont chercher à exfilter un dealer de la zone. Et il se retrouve avec un hélicoptère qui patrouille au-dessus, et qui s'amuse à exciter les 4 policiers surarmés qui entourent le "suspect"(suspect de quoi, d'ailleurs? Juste un naufragé de la route!!!).

Quand j'ai planté ma C2 sur le viaduc de Gennevilliers(oui, oui, oui vous saurez tout sur le slappy), les trois flics qui sont venus avaient les mains dans les poches et se foutaient ouvertement de ma gueule(ils avaient bien raison, planter sa voiture tout seul comme un grand...) en rigolant très fort. Rien à voir avec les 4 agents terrorisés dont une a fini par céder à la panique. C'est une faillite collective. Jamais je n'aurais pu être flingué, parce-que tout dans le comportement des policiers était fait pour me rassurer, parceque leurs armes étaient rangées, parcequ'ils ne prennent pas le premier conducteur naufragé(même par sa faute) venu pour un terroriste en puissance, parce-qu'ils sont entrainés à désamorcer les situations. Alros les flics Français ont aussi leurs défauts(je ne vais pas commencer la liste), mais apprendre à leurs collègues US à ne pas défourailler au moindre doute, ça doit être possible.
Avatar de Grogro Grogro - Membre émérite https://www.developpez.com
le 26/09/2016 à 14:46
Citation Envoyé par el_slapper  Voir le message
Quand j'ai planté ma C2 sur le viaduc de Gennevilliers(oui, oui, oui vous saurez tout sur le slappy), les trois flics qui sont venus avaient les mains dans les poches et se foutaient ouvertement de ma gueule(ils avaient bien raison, planter sa voiture tout seul comme un grand...) en rigolant très fort. Rien à voir avec les 4 agents terrorisés dont une a fini par céder à la panique. C'est une faillite collective. Jamais je n'aurais pu être flingué, parce-que tout dans le comportement des policiers était fait pour me rassurer, parceque leurs armes étaient rangées, parcequ'ils ne prennent pas le premier conducteur naufragé(même par sa faute) venu pour un terroriste en puissance, parce-qu'ils sont entrainés à désamorcer les situations. Alros les flics Français ont aussi leurs défauts(je ne vais pas commencer la liste), mais apprendre à leurs collègues US à ne pas défourailler au moindre doute, ça doit être possible.

La question c'est : comment un tel climat en vient à s'instaurer ? Quels sont les facteurs institutionnels et psychologiques ? C'est au moment où le type passe une main dans la vitre de son véhicule que le policier panique et tire. Et pas pour neutraliser en misant sur le pouvoir d'arrêt de son arme comme nos forces de l'ordre apprennent à le faire, mais en tirant pour tuer.
Offres d'emploi IT
Data scientist senior H/F
Safran - Ile de France - Magny-les-Hameaux (Saclay)
Architecte sécurité des systèmes d'information embarqués H/F
Safran - Ile de France - 100 rue de Paris 91300 MASSY
Responsable transverse - engagement métiers H/F
Safran - Ile de France - Corbeil-Essonnes (91100)

Voir plus d'offres Voir la carte des offres IT
Contacter le responsable de la rubrique Accueil