Bruxelles veut aligner les services de messagerie over-the-top sur les obligations
Auxquels sont soumis les services de téléphonie traditionnelle

Le , par Victor Vincent

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La commission européenne a publié une proposition qui vise à fixer des règles et obligations auxquelles les services de messagerie over-the-top (OTT) tels que Facebook Messenger, WhatsApp ou encore Skype devront se plier comme c’est déjà le cas pour les services de téléphonie classique. Si cette proposition de la commission européenne est adoptée, elle permettra d’uniformiser l’ensemble des régulations sur les télécoms en Europe. Cette nouvelle réglementation va couvrir aussi bien les échanges d’appels vocaux effectués à travers ces moyens de communication cités plus haut que les différents types de messages textuels qu’ils permettent d’échanger. En effet, la proposition de Bruxelles précise que les services de communication concernés sont « les services de communications interpersonnelles permettant des échanges d’informations interpersonnelles et interactifs, ce qui couvre des services comme les appels voix traditionnelles entre deux individus, mais aussi tous les types d’emails, de services de messagerie, ou de discussion en groupe ».

Cependant, les services qui sont des dérivés d’autres services de messagerie peuvent ne pas entrer dans la future réglementation d’après la proposition de la commission européenne. En effet, Bruxelles note dans cette proposition de réglementation que « dans des circonstances exceptionnelles, un service ne devrait pas être considéré comme un service de communications interpersonnelles s’il est une fonction purement auxiliaire d’un autre service qui pour des raisons techniques objectives ne peut pas être utilisé sans le service principal, et dont l’intégration n’est pas un moyen de contourner l’application des règles qui gouvernent les services de communications ».

Dans la réglementation future des moyens de messagerie over-the-top proposé par Bruxelles, la sécurité occupe une place importante. Les services concernés par la future réglementation devront ainsi « assurer un niveau de sécurité proportionné au degré de risques posé à la sécurité des services de communication qu’ils fournissent » si la proposition de la commission est adoptée par le parlement européen. Pour que cette sécurité soit mise en œuvre de façon efficace par tous les acteurs, la commission estime que les différents services devraient se tourner vers des standards plus ouverts permettant notamment une interopérabilité entre eux. Les services concernés devront aussi signaler aux autorités les failles de sécurité dont ils peuvent éventuellement être victimes et prévoir des actions à mener d’urgence en cas d’attaques afin d’assurer la continuité.

Dans la proposition de la commission européenne, les services de messagerie qui entreront dans l’une des deux catégories qu’elle a fixées à savoir les services qui sont basés sur les numéros de téléphone et ceux qui ne le sont pas devront assurer que leurs utilisateurs puissent appeler de façon gratuite les numéros tels que ceux des secours ou encore de la police. Pour une meilleure prise en charge des appels que les services secours ou de police vont éventuellement recevoir de la part des usagers, les services de messagerie ciblés par la proposition de réglementation devront intégrer des fonctionnalités de géolocalisation de la provenance de l’appel afin de faciliter l’intervention des secours ou de la police. Pour les services de messagerie proposant des prestations payantes tels que Skype, la future réglementation proposée par la commission européenne exigera qu’une transparence tarifaire soit de mise.

Bruxelles espère que ce texte qui sera étudié par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne pourra être adopté d’ici la fin de l’année 2017 pour qu’il entre en vigueur dans les lois des états membres de l’union à l’horizon 2020. L’idée d’une telle proposition vient dans un contexte ou le monde est de plus en plus confronté à des défis sécuritaires notamment sur le plan de la sécurité informatique. Le renfermement des différents opérateurs derrière des systèmes de plus en plus isolés inquiète les membres de la commission à l’origine de cette proposition de réglementation. Ces derniers pensent qu’une interopérabilité entre ces différents services permettrait de mieux faire face à d’éventuelles menaces sécuritaires, mais aussi de faciliter la vie des utilisateurs qui se trouvent la plupart du temps obligés d’utiliser plusieurs services de messagerie qui offrent exactement les mêmes services du fait de l’absence d’interopérabilité.

Source : europa.eu

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Avatar de Luckyluke34
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 29/05/2017 à 11:48
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
« La presse a besoin des données numériques générées par les lecteurs pour améliorer ses offres éditoriales et de services : seules ces données permettent de proposer des contenus journalistiques pertinents et des publicités adaptées permettant ainsi de mieux satisfaire les attentes de chaque lecteur internaute. Le développement de la presse en ligne a permis d’accroître le nombre de citoyens ayant accès à une information de qualité, produite par des journalistes professionnels ».
Gros amalgame volontaire de la part de la presse en ligne qui nous prend décidément pour des jambons.

  • Information de qualité => pas besoin de cookies. Ca fait 400-500 ans que la presse informe sans cookies.

  • Contenus journalistiques pertinents et des publicités adaptées => les cookies peuvent aider. Mais on peut aussi faire sans hein. On n'est pas obligés de céder aux régies publicitaires qui envahissent notre vie privée en traçant nos moindres faits et gestes.
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Avatar de Florian_PB
Membre averti https://www.developpez.com
Le 29/05/2017 à 12:05
Citation Envoyé par Luckyluke34 Voir le message
Gros amalgame volontaire de la part de la presse en ligne qui nous prend décidément pour des jambons.

  • Information de qualité => pas besoin de cookies. Ca fait 400-500 ans que la presse informe sans cookies.

  • Contenus journalistiques pertinents et des publicités adaptées => les cookies peuvent aider. Mais on peut aussi faire sans hein. On n'est pas obligés de céder aux régies publicitaires qui envahissent notre vie privée en traçant nos moindres faits et gestes.
C'est parce qu'ils cherchent par tous les moyens de générer du clic et du revenu, quand tu vois que sur certains sites tu as limite plus de pub que de réel contenu journalistique tu te poses de réelles questions sur leur intégrité.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 15/12/2016 à 9:36
Sauf que l'argument du "Personne n'y fait attention" est bancal, pour la simple raison que ces bannières sont juste totalement vides d'information : on ne nous sort que des généralités, style qu'on ne pourra pas utiliser le site au mieux (voire pas du tout) si on n'accepte pas les cookies. Évidemment qu'on n'y fait plus attention vu que ça ne nous dit rien. Si au moins ça listait les fonctionnalités désactivées, ou a contrario celles encore en état de marche, là ça servirait à quelque chose. Le top étant bien évidemment de pouvoir paramétrer dans le détail.

Si on te vends 2 PC à des prix différents, mais qu'on te dit seulement que si tu prends le PC le moins cher tu n'auras pas tous les avantages du PC le plus cher, est-ce que tu choisis ou tu demandes des détails ? Faire un choix n'a jamais eu de sens sans être informé. Là on nous donne le choix sans l'info, évidémment que tout le monde s'en fout. Mais c'est pas une raison pour croire que tout le monde accepte de prendre le PC le plus cher.

Donc j'espère que ce ne sera pas un stupide retrait, mais une revue pour améliorer le truc, parce que sinon c'est du foutage de gueule : le public se plaint, on lui donne une solution bancale, et on interprète le fait que ça ne marche pas par un retour en arrière plutôt qu'une meilleure solution.
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Avatar de Uranne-jimmy
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 29/05/2017 à 12:45
Le domaine des presses dominantes en ligne est allucinant je trouve. leurs pages sont truffés de publicités invasives et de demande poussé à l'abonnement, il y a des scripts qui recharge la page régulièrement, dans certains cas, les articles sont volontairement coupés en plusieurs pages de max 2 paragraphes pour générer du clic.
Avec tout ça, ils voulaient obtenir quoi sérieux ? de l'aide et du soutient ? Nop, à cause de ces facteurs ainsi qu'à cause de la dégradation des lignes éditoriales (partialité même plus camouflé), je ne visite plus ces sites.
Donc ça me fait bien marrer qu'ils se plaignent, et ça m'amuserait beaucoup moins qu'ils aient gain de cause.
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Avatar de Oscar.STEFANINI
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 15/12/2016 à 9:05
Je trouve ça dommage. En revanche, il faut savoir que la CNIL est très clair la dessus et précise que ces "bannières" peuvent également posséder un bouton "paramétrer" ... Mais bon, en général les sites affichent un message "en poursuivant votre navigation..." ce qui veut dire pour moi que le tracking à déjà commencé, sans l'accord explicite donc...

Dites vous que les nouvelles générations de tracking prennent carrément des captures vidéos de votre navigation...

Il est vrai de noter que sur la navigation mobile, quand on se rend sur un site internet, que l'on a 33% de l'écran du haut qui est pris par une bannière "Télécharger notre application" et 33% du bas pris par "En poursuivant votre navigation..."

D'ailleurs, quand on clique sur la croix, et que ce message disparaît, et ne revient pas lors d'une navigation future.. est-ce que c'est parce que le site à mis un cookie sur notre navigateur ? (je demande, je ne suis pas dev web..) Parce que, si c'est ça, cliquer sur la croix signifie "accord explicite" et c'est comparable à windows 10 qui s'installe quand on clique sur la croix rouge du popup "Mettre à jour vers windows 10"
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Avatar de Echyzen
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 29/05/2017 à 12:08
Lire des articles et sortir des énièmes lois pour des problématiques connues depuis des années.
Le problème n'est plus véritablement (ou plutôt seulement) les cookies, il y a d'autre moyen de pistage totalement hors de contrôle juridique, je pense notamment aux Web Worker, localStorage, etc.

Faut un peu évoluer avec son temps et arrêter de ressortir des lois sur des lois
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Avatar de Etre_Libre
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 15/12/2016 à 8:18
Bonne idée, si ça pouvait ENFIN enlever ces messages à valider sur chaque site à propos des cookies, ça soulagerait pas mal de monde...
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Avatar de Paul TOTH
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 15/12/2016 à 13:41
Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
Sauf que l'argument du "Personne n'y fait attention" est bancal, pour la simple raison que ces bannières sont juste totalement vides d'information : on ne nous sort que des généralités, style qu'on ne pourra pas utiliser le site au mieux (voire pas du tout) si on n'accepte pas les cookies. Évidemment qu'on n'y fait plus attention vu que ça ne nous dit rien. Si au moins ça listait les fonctionnalités désactivées, ou a contrario celles encore en état de marche, là ça servirait à quelque chose. Le top étant bien évidemment de pouvoir paramétrer dans le détail.

Si on te vends 2 PC à des prix différents, mais qu'on te dit seulement que si tu prends le PC le moins cher tu n'auras pas tous les avantages du PC le plus cher, est-ce que tu choisis ou tu demandes des détails ? Faire un choix n'a jamais eu de sens sans être informé. Là on nous donne le choix sans l'info, évidémment que tout le monde s'en fout. Mais c'est pas une raison pour croire que tout le monde accepte de prendre le PC le plus cher.

Donc j'espère que ce ne sera pas un stupide retrait, mais une revue pour améliorer le truc, parce que sinon c'est du foutage de gueule : le public se plaint, on lui donne une solution bancale, et on interprète le fait que ça ne marche pas par un retour en arrière plutôt qu'une meilleure solution.
à mon avis c'était de toute façon la mauvaise approche, les sites respectueux feront l'effort de mettre la bannière et les autres non. Le mieux c'est de gérer cela au niveau du navigateur via une interface simple et intuitive...comme AdBlock pour les pubs.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 15/12/2016 à 15:11
Un soucis est qu'une pub, c'est atomique (tu ne choisis pas d'afficher une partie de la pub, c'est du tout ou rien) alors qu'un cookie non, tu as plein d'infos différentes chacune avec ses propres intérêts. Comme ce sont des paires clé-valeur, on pourrait imaginer les filtrer fonction du nom de la clé ou du contenu de la valeur, mais comme c'est un contenu qui peut être chiffré à souhait par le site on arrivera vite au contournement de telles mesures.

Ensuite, ce qu'on reproche ce n'est pas la paire en elle-même mais l'usage qui en est fait, qui lui est invisible, a contrario de la pub qui est justement l'item qu'on souhaite filtrer et auquel on a accès.

Donc je doute qu'une mesure via le navigateur puisse être mise en place (de manière efficace) vis à vis des cookies.
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Avatar de micka132
Membre expert https://www.developpez.com
Le 29/05/2017 à 17:43
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

L’utilisation des données personnelles sans que les internautes en aient connaissance et sans qu’ils puissent en comprendre l’utilité pour leurs navigations dans l‘univers digital est une source d’inquiétude légitime »
Ca a un rapport avec la langue des signes ou alors la manicure?
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