Le scandale des arnaques aux jeux en réseaux sociaux fait rage,
MySpace et Zynga réagissent mais est-ce suffisant ?

Le , par Katleen Erna, Expert éminent sénior
Le scandale des arnaques aux jeux en réseaux sociaux fait rage : MySpace et Zynga réagissent mais est-ce suffisant ?

Des jeux comme Farmville and Mobsters font un tabac sur les sites de réseaux sociaux. Ils permettent aux utilisateurs de ces réseaux communautaires de se retrouver, cachés sous un avatar, dans un monde virtuel (par exemple, une ferme) et d'y interagir tous ensemble de façon ludique (vendre ses récoltes sur le marché, recruter des ouvriers agricoles, acheter la vache du voisin, arroser ses plantations, nourrir ses poussins, etc...).

L'engouement est déjà là et des centaines de milliers de personnes passent littéralement des heures scotchées à leur écran pendant qu'elles utilisent ce type de jeux. Mais ce succès semblerait fleurir via un arrosage pas très éthique...

Les joueurs sont sans arrêt sollicités pour payer (avec leur vrai argent) afin d'obtenir divers crédits ou options supplémentaires dans le jeu, ou bien pour passer au niveau supérieur. Mais ceux qui ne paient pas se voient proposer d'autres "alternatives" qui se révèleront au final encore plus coûteuses qu'un paiement direct.

Pour l'obtention de crédit supplémentaire dans leur jeu, les non-payants sont ainsi submergés d'offres du type "renvoi vers des partenaires". Et cela fonctionne comme un cercle vicieux, dans un vrai écosystème.

Les joueurs se font avoir, les jeux gagnent de l'argent, puis réinvestissent ces sommes dans Facebook et MySpace en publicité afin d'enrôler de nouveaux utilisateurs, qui payent à nouveau, etc...

Ainsi, les développeurs de jeux faisant les plus gros bénéfices, sont ceux pouvant ensuite faire le plus de publicité et avoir le plus de visibilité (comme Zynga), au détriment des autres qui se retrouvent de plus en plus loin derrière (comme Slide).

Autrement dit, les jeux abusant le plus de la crédulité de leurs utilisateurs, sont en tête.

Tous les utilisateurs ne sont pas stupides, heureusement. Certains se faisant par exemple pièger dans une souscirption d'abonnement mobile arrivent à retourner l'arnaque en leur faveur, en s'inscrivant et se désinscrivant plusieurs fois (grâce au droit de rétractation) et gagnent ainsi encore plus de cybercrédits. L'arroseur arrosé en somme.

Mais ces "fausses pubs" qui forcent les internautes à souscrire à certains services font également du tort aux annonceurs sérieux qui, refusant de berner le peuple, se retrouvent sur le carreau au profit de leurs confrères sans scrupules.

Les offres piégées les plus courantes consistent à "offrir" une demo gratuite d'un service en échange d'une inscription avec numéro de carte de crédit, qui sera ensuite débitée puisque la demo aboutira inévitablement sur l'adhésion à l'offre complète présentée, sans que l'internaute n'ai été prévenu.

Les plateformes hébergeant tout ce petit monde (Facebook et MySpace) ont théoriquement le pouvoir pour réguler tout cela, et certaines de ses "offres" mensongères sont d'ailleurs interdites par leur charte. Mais les développeurs n'en ont cure et passent outre cette interdiction, et les administrateurs de ces sites Internet repassent très rarement derrière pour nettoyer.

Il faut dire que Zynga dépense plus de 50 millions de dollars en publicité sur Facebook par an, ce qui expliquerait une telle tolérance de la part du géant des sites communautaires. L'argent n'est pas sale, puisqu'il vient de compagnies légitimes comme Zynga, Playfish, Playdom et autres ; mais il provient en partie d'utilisateurs s'étant fait pièger...

De plus, Facebook ayant récemment neutralisé le spam de ses applications, cela renforce le problème : les jeux ne peuvent plus se répandres par ce biais, il leur faut donc toujours plus d'espaces publicitaires. Et donc plus d'arnaques.

Mais alors qui protègera les internautes dans cette histoire ? Le gouvernement, en dernier recours ?

Comment reconnaître une arnaque ? Lorsque les contiditions sont cachées ou pas clairement expliquées, et que l'on se rend compte en les lisant que casiment personne ne souscritait à un tel service ou ne commanderait un tel objet en toute connaissance de cause (et que donc les gens souscrivent sans les connaitre), ça sent l'annonce pas très honnête.

Voici quelques exemples typiques :

Un utilisateur se voit proposer quelques crédit à utiliser dans son jeu favori, en échange de quelques secondes consacrées à remplir un test de QI (ne comprenant que 4 petites questions). Le test terminé, on demande au sondé d'entrer son numéro de mobile pour recevoir ses résultats. La personne reçoit ensuite un SMS contenant un code chiffré à entrer sur le site, prétenduement pour voir ses résultats. En fait, ce geste lui fait souscrire à un abonnement mensuel de 9.99 dollars, à durée illimitée (pour un bien piètre service de tests et autres jeux de questions inutiles) !

Un autre ? Des joueurs se voient offrir des crédits s'ils acceptent de recevoir un "CD d'apprentissage gratuit de la part de Video Professor, seuls les frais de port (de 10 dollars) sont à votre charge". Chouette ! Mais la facture finale, qui s'ouvre dans une page séparée du checkout de la commande, les informe qu'ils recevront en fait un set complet de disques pour la somme de 189.95 dollars (à moins de les retourner). Certains utilisateurs ne les renvoient jamais car, n'étant pas au courant de cette somme supplémentaire et pas forcément rigoureux avec leurs relevés de compte bancaire, ils ne se rendent comptent de rien.

Il est malheureux de constater qu'un grand nombre de développeurs de ce secteur sont prêts à sacrifier honnêteté et morale pour de l'argent rapide et facile. Les soucis rencontrés par leurs clients..euh, zut..par leurs utilisateurs, ne semblent guère les affecter.

Leur crédo : attirer les joueurs en les laissant jouer gratuitement puis, une fois qu'ils sont accros, leur demander de payer pour évoluer dans le jeu.

Markus Frind, le fondateur de PlentyOfFish (sorte de Meetic américain), a abordé le sujet avant hier sur son blog.

Il s'y dit surpris que les médias ne se soient pas saisis de l'affaire plus tôt alors que ce type d'escroquerie existe depuis plusieurs années déjà. "Chaque mois, je reçois des tas d'e-mails de la part d'annonceurs qui me promettent monts et merveilles. Evidemment je pourrais me remplir les poches avec ces arnaques, mais ce n'est pas légal et pourrait en plus apporter des sanctions de l'état."

Il affirme également que certaines de ces arnaques soutirent près d'un million de dollars journaliers. Une sacrée vache à lait pour un jeu de fermiers !

Andrew Trader, co-fondateur de Zynga, a également pris la parole hier. Il a ainsi déclaré publiquement qu'environ 1/3 des revenus de son entreprise provenait des activités publicitaires. Aussi, comme les rentrées annuelles avoisinent les 250 millions de dollars, on peut supposer qu'un tiers équivaut à plus ou moins 80 millions de dollars. Sur cette somme, quel pourcentage est fait d'offres alléchantes mais mensongères ?

Evidement, Offerpal et les autres compagnies proposant ce genre de services douteux aux développeurs de jeux vidéos tentent tant bien que mal d'en dissimuler les véritables (et juteux) chiffres des bénéfices.

Hier, suite au buzz provoqué par l'étalement de cette affaire sur le web, Mark Pincus (le CEO de Zynga), a lui aussi décidé de s'exprimer publiquement sur son blog :

"Je reconnais que certaines de ces offres donnent une mauvaise image de notre industrie en lui faisant du mal. C'est pourquoi nous avons fait de gros efforts afin de supprimer ce type de propositions trompeuses de nos offres. Le pire en la matière, Tatto Media, à d'ores et déjà été définitivement banni de notre catalogue. Nous serons désormais plus agressifs, et nous avons revu à la hausse les critères de validation des fournisseurs afin de filtrer le type d'offres que nous publierons sur les réseaux. Toutes les publicités mobiles ont également été supprimée jusqu'à ce que nous en trouvions une correcte à afficher."

Beau geste. Mais cela suffira-t-il ?

En réponse à cette question, c'est un nouveau communiqué de presse qui nous est parvenu ce matin. L'un des acteurs principaux de cette affaire à enfin décidé de s'exprimer.

MySpace vient ainsi d'annoncer l'instauration d'une tolérance zéro pour ce type de publicités et le renforcement des restrictions imposées à ses développeurs d'applications concernant le type d'offres qu'ils présenteront au public. Le CEO du site, Owen Van Natta, a de plus annoncé que les utilisateurs du réseau social pourront choisir d'accepter ou de refuser l'affichage d'une telle proposition, dès lors qu'elle proposera une souscription (quelle qu'elle soit).

Les Conditions d'Utilisation du site seront donc mises à jour dans la semaine, et MySpace promet de supprimer prochainement toutes les applications qui ne les appliqueront pas.

Mais ceci suffira-t-il ? Et surtout, cela excuse-t-il que de telles actions aient pu être commises impunément ?

Une réaction de Facebook est désormais très vivement attendue. En effet, le principal vecteur de ces arnaques en ligne reste bien silencieux.


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Avatar de nicorama nicorama - En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
le 04/11/2009 à 8:33
Ce qui fait flipper, c'est que les téléphones portables peuvent servir de porte-monnaie, avec le fournisseur comme banquier.

Si l'état voulait s'occuper de nous, cela ferait belle lurette que ce serait une option désactivée par défaut, car avec ce système, toute les arnaques sont permises.

Il ne faut pas être particulièrement débile pour se faire avoir : les ados sont ultras naïf, et les personnes agés pas du tout au courant : la confiance est pour eux une necessité plus qu'un choix.
Avatar de Louis Griffont Louis Griffont - Inactif https://www.developpez.com
le 04/11/2009 à 9:21
Citation Envoyé par nicorama  Voir le message
Ce qui fait flipper, c'est que les téléphones portables peuvent servir de porte-monnaie, avec le fournisseur comme banquier.

Si l'état voulait s'occuper de nous, cela ferait belle lurette que ce serait une option désactivée par défaut, car avec ce système, toute les arnaques sont permises.

Il ne faut pas être particulièrement débile pour se faire avoir : les ados sont ultras naïf, et les personnes agés pas du tout au courant : la confiance est pour eux une necessité plus qu'un choix.

De plus les ados (je pense que c'est le public le plus visé) n'ont pas forcément tous une bonne notion de l'argent !
Avatar de Lucyberad Lucyberad - Membre du Club https://www.developpez.com
le 04/11/2009 à 9:35
On parle de ces pratique douteuse mais il y a aussi des choses plus officielle qui relèvent du genie marketing (et du foutage de gueule)...
Left 4 Dead 2 en premier qui annonce depuis hier, en plus de la batte, un chapeau pour Team Fortress 2 avec la précommande...
C'est aussi une forte incitation à l'achat (certe plus "respectable" mais pas tout à fait "louable").
Les jeux à micro-paiement (boutique in-game) sont aussi dans le même lot forçant les achats pour être compétitif. Ce système d'ailleurs marche bien en Orient mais heureusement les occidentaux voient mal la chose.
Quand au soucis des leurres publicitaires, alors c'est le paroxisme, avec encore moins de scrupules, mais tout autant de "genie marketing".

L'informatique d'aujourd'hui joue beaucoup sur la désinformation.

Un PC à l'heure actuelle est un outil qui ne s'adapte pas à l'utilisateur. C'est l'utilisateur qui doit s'y faire... à partir de ce leurre, on peux duper n'importe quel néophyte.
Avatar de arno31 arno31 - Membre habitué https://www.developpez.com
le 04/11/2009 à 11:55
Ce sujet est intéressant mais il a l'air de faire l'amalgame entre :
  • d'une part les jeux gratuits avec des options payantes, ce qui est tout à fait légitime comme rémunération
  • et d'autre part les pubs qui cachent des arnaques


Ce sont 2 choses bien distinctes.
En ce qui concerne les jeux ou pubs qui cachent des frais supplémentaires, c'est puni par la loi et on peut porter plainte (même si c'est lourd).

Une chose m'étonne beaucoup c'est l'histoire du code reçu par téléphone qui crée une souscription à un abonnement : je ne vois pas comment c'est possible. Quelqu'un peut-il m'expliquer ? Aucun contrat n'est signé nul part.

Une solution serait que les gars de Facebook testent les jeux avant leur autorisation ou dés qu'ils sont ajoutés pour éviter les déboirent des utilisateurs. Ainsi l'arnaque ne marcherait qu'une fois (faible gain de l'arnaqueur) au dépend de Facebook qui pourrait porter plainte avec son service juridique. Enfin c'est une idée, je ne sais pas ce que vous en pensez
Avatar de souviron34 souviron34 - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 05/11/2009 à 10:55
Citation Envoyé par arno31  Voir le message
Une solution serait que les gars de Facebook testent les jeux avant leur autorisation ou dés qu'ils sont ajoutés pour éviter les déboirent des utilisateurs. Ainsi l'arnaque ne marcherait qu'une fois (faible gain de l'arnaqueur) au dépend de Facebook qui pourrait porter plainte avec son service juridique. Enfin c'est une idée, je ne sais pas ce que vous en pensez

mais ça n'est pas une arnaque.. C'est une arnaque morale, mais pas légale..

Tous les jours, dans toutes les rues, sur tous les panneaux, tu as "achetez-ça"..

Là c'est juste le public ciblé (et tellement "accro" et disposant de ressources intiialses (l'argent de poche)) qui est moralement "délicat"..

Mais les pubs pour les jeux en eux-même est déjà dans ce cadre-là..
Avatar de Lucyberad Lucyberad - Membre du Club https://www.developpez.com
le 05/11/2009 à 21:40
J'aime bien le terme de "Arnaque Morale" car ca résume le vrai problème -et la vraie réussite- du marketing contemporain !
Avatar de nicorama nicorama - En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
le 09/11/2009 à 9:38
Citation Envoyé par Louis Griffont  Voir le message
De plus les ados (je pense que c'est le public le plus visé) n'ont pas forcément tous une bonne notion de l'argent !

Parce qu'il y a une bonne et une mauvaise notion de l'argent ?
Avatar de Daestrik Daestrik - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 09/11/2009 à 16:22
Citation Envoyé par nicorama  Voir le message
Parce qu'il y a une bonne et une mauvaise notion de l'argent ?

Disons qu'on peut facilement se méprendre sur le degré de difficulté qu'on peut avoir à gagner de l'argent, d'autant plus si on n'a pas de travail rémunéré.
Avatar de Lyche Lyche - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 10/11/2009 à 10:24
Quand c'est papa maman qui paye avec l'argent de poche, ou pire, avec la carte bleue empruntée dans le sac de maman pendant qu'elle dort.. Il est vrai que ça n'aide pas à réaliser la "valeur" de l'argent par le travail.
Saleté d'ados ! Ils nous pompent notre fric pour des conneries !!!
Avatar de nicorama nicorama - En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
le 11/11/2009 à 14:24
Citation Envoyé par Lyche  Voir le message
Quand c'est papa maman qui paye avec l'argent de poche, ou pire, avec la carte bleue empruntée dans le sac de maman pendant qu'elle dort.. Il est vrai que ça n'aide pas à réaliser la "valeur" de l'argent par le travail.

Quand un sous-directeur gagne en un jour ce que l'on gagne en un mois, et que l'on gagne en une semaine ce qu'un srilankais gagne en un an, je ne crois pas que les ados soient les seuls inconscient de la "valeur" de l'argent.
Avatar de dragonno dragonno - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 14/11/2009 à 15:46
Un ado qui dépense comme il respire parce que son argent lui arrive facilement n'a forcément pas la même notion de l'argent, de la difficulté à l'obtenir, et de son importance dans la socièté d'aujourdhui qu'un ado dont la famille vit dans la misère, ou même la simple difficulté financière, alors tenter de démontrer que "la bonne notion de l'argent" n'existe pas n'est que pur aveuglement, après est-ce que cet aveuglement est volontaire ou involontaire est une autre question^^
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