Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

France : la réforme du doctorat entrera en application dès septembre 2016
Quelle en est la portée pour l'Université française ?

Le , par Stéphane le calme

283PARTAGES

10  0 
Un arrêté publié le 25 mai 2016, qui devra entrer en application dès le 1er septembre 2016, modifie les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat.

Parmi les articles qui vont entrer en vigueur, nous pouvons citer l’article 11 qui indique que l’obtention d’un master, qui atteste des compétences du candidat en matière de recherche ne sera plus forcément un prérequis pour prétendre poursuivre ses études à ce niveau ; des mesures dérogatoires permettront par exemple de faire valoir les acquis de l'expérience (VAE - validation des acquis de l’expérience).

En effet, l’article prévoit que « pour être inscrit en doctorat, le candidat doit être titulaire d'un diplôme national de master ou d'un autre diplôme conférant le grade de master, à l'issue d'un parcours de formation ou d'une expérience professionnelle établissant son aptitude à la recherche. Si cette condition de diplôme n'est pas remplie, le chef d'établissement peut, par dérogation et sur proposition du conseil de l'école doctorale, inscrire en doctorat des personnes ayant effectué des études d'un niveau équivalent ou bénéficiant de la validation des acquis de l'expérience prévue à l'article L. 613-5 du code de l'éducation. La liste des bénéficiaires de ces mesures est présentée chaque année au conseil de l'école doctorale et à la commission de la recherche du conseil académique, ou à l'instance qui en tient lieu dans l'établissement concerné ».

L’article 15 pour sa part dispose « qu’au cours de leur cursus, les doctorants suivent des programmes de formation définis au 2° de l'article 3 du présent arrêté. Une formation à la pédagogie est dispensée lorsqu'elle concourt à l'activité ou au projet professionnel du doctorant. Un portfolio du doctorant comprenant la liste individualisée de toutes les activités du doctorant durant sa formation, incluant enseignement, diffusion de la culture scientifique ou transfert de technologie, et valorisant les compétences qu'il a développées pendant la préparation du doctorat, est réalisé. Il est mis à jour régulièrement par le doctorant ».

L’article 13 quant à lui vient modérer le rôle du directeur de thèse qui sera soumis à l'évaluation d'un « comité de suivi du doctorant » : « un comité de suivi individuel du doctorant veille au bon déroulement du cursus en s'appuyant sur la charte du doctorat et la convention de formation. Il évalue, dans un entretien avec le doctorant, les conditions de sa formation et les avancées de sa recherche. Il formule des recommandations et transmet un rapport de l'entretien au directeur de l'école doctorale, au doctorant et au directeur de thèse.
Il veille notamment à prévenir toute forme de conflit, de discrimination ou de harcèlement.
Les modalités de composition, d'organisation et de fonctionnement de ce comité sont fixées par le conseil de l'école doctorale. Les membres de ce comité ne participent pas à la direction du travail du doctorant ».

Dans une tribune parue sur le quotidien Nouvel Observateur, François Garçon, enseignant chercheur, n’a pas manqué d’exprimer sa colère et son indignation : « au sortir de leur "soutenance de travaux", ingénieurs, diplômés d’écoles de commerce et hauts fonctionnaires, tous, sans savoir même ce qu’est la recherche, sans en avoir jamais fait, ajouteront pompeusement sur leur carte de visite les trois lettres magiques, "Ph.D" ».

Et de regretter que « cette potion se nomme VAE : validation des acquis par l’expérience. Elle concernait jusqu’à présent le niveau master. Désormais, l’expérience professionnelle pourra aussi valoir doctorat. Un "comité de suivi individuel du doctorant" coachera le candidat, et le directeur de thèse n’aura plus même à siéger au jury de soutenance ».

« Soyons certains qu’ils seront nombreux, les universitaires français à ne pas cracher sur les carottes associées à la fabrication de cette fausse monnaie. Qu’importe le déshonneur, pourvu que tombe une prime d’encadrement ! Il n’est pas sans intérêt de voir comment la caste française s’y est prise pour phagocyter sans vergogne le titre qui fait la gloire des universités dans le monde entier, universités qu’elle considère par ailleurs comme un dépotoir repoussant et dont elle détourne ses rejetons », a-t-il ajouté.

Source : législation française (arrêté du 25 mai), tribune de François Garçon

Et vous ?

Que pensez-vous de la réforme du doctorat ?

Voir aussi :

forum études et formations en informatique

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Luckyluke34
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 14:11
Un article d'un universitaire qui débunke toutes les âneries qui ont été dites par rapport à cet arrêté : http://e-ruiz.com/reforme-du-doctorat/.

Par ailleurs, quand on sait l'expérience administrative kafkaïenne de dizaines de mois que représente la constitution d'un dossier VAE dans la vraie vie (je ne parle même pas de son acceptation), je souhaite bien du courage aux ingénieurs qui "en masse" comme ont l'air de le craindre certains, vont s'y précipiter.
8  0 
Avatar de Conan Lord
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 14:49
Citation Envoyé par MobyKDIK Voir le message
La cause première est effectivement l'argent, mais la conséquence est que tout le monde se donne plus, que comme cela coûte cher, on ne peut y aller qu'avec une réelle motivation, si on a l'argent bien sûr. En France, c'est le contrecoût d'un enseignement supérieur quasi gratuit, cela déresponsabilise ceux qui n'ont pas une volonté naturelle.
À part pendant la 1ere année de licence, où les étudiants se retrouvaient parfois là parce qu'ils ne savaient pas quoi faire d'autre (et pourquoi pas au fond, mieux vaut réfléchir longtemps en apprenant des trucs au passage) je n'ai pas eu cette impression, au contraire ! Les bourses étant assez riquiqui pour ceux qui arrivent à les avoir, en général, si tu n'as pas d'argent, tu es obligé de trouver du travail pour suivre ta formation. Et franchement, vu le travail demandé, c'est assez invivable. Il faut pouvoir tenir 5 ans dans ces conditions, avec toutes les questions que tu te poses en parallèle ("pourquoi faire ? j'ai plus de chances de trouver un travail au McDo que dans mon domaine", "et si j'avais pas les capacités d'avoir le diplôme", "et si au final le métier ne me plaisait pas", etc.). Après, il faudrait aussi le retour d'expérience d'un doctorant pour compléter, mais pour le master, les 600 balles au début d'année ne sont qu'une infime partie du coût réel. Et franchement, des étudiants dont les parents sont assez fortunés pour leur payer 5 ans de fac, de nourriture et souvent de logement, j'en connais pas des masses.

@Luckyluke34

Merci beaucoup pour l'article bien plus complet et objectif ! J'avais cherché pourtant (si, si), mais pas assez faut croire . Reste la question du portfolio effectivement. C'est flou. À quoi il sert au final ?
4  0 
Avatar de GLDavid
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 8:52
Citation Envoyé par Bigb Voir le message
Quand on voit le boulot pour valider une thèse, c'est vraiment un scandale !
Bientôt on trouvera son titre de Docteur dans un Kinder...
L'image est dure mais elle est vraie.
Mon point est le suivant: maintenant, on dit que le baccalauréat est offert. Quoi que de plus banal maintenant d'avoir son bac. Replongez vous dans les annales et comparez avec maintenant. Qu'assite t'on maintenant? A la banalisation du doctorat. Grande idée!
Personnellement, malgré une réflexion intense lorsque j'ai été confronté à ce choix, j'ai dit non au doctorat et oui au DESS, qui est professionnalisant, et il ne se passe pas une journée où je me dis "J'ai fait le bon choix". Attention, ce point de vue est personnel. Ma femme a un doctorat (immuno) et d'autres de nos vieilles connaissances de fac' ont aussi un doctorat. Qu'en est-il ? J'observe juste que les Ph.D ont bien eu du mal en France à se trouver un boulot. Voir même à obtenir des formations professionnalisantes moins hautes que le doctorat. Pourquoi ?
  1. Parce que le doctorat fait peur à l'employeur (salaire trop haut et peur aussi de proposer un emploi où le salarié s'ennuira (sic)).
  2. Les carrières universitaires sont bouchées (A mon prof de neurosciences, Maître, malgré tout le respect que je vous dois, le tapis roulant générationnel n'a jamais fonctionné).
  3. Comme beaucoup l'ont souligné, ce diplôme est le plus haut placé et valorisé dans d'autres pays (et ça le restera) alors que nous voulons en faire un diplôme comme les autres.

Je ne dis pas que ce diplôme doit rester hermétique à d'autres, au contraire, mais il doit avant tout sanctionner de recherches fondamentales ou appliquées, et non justifier d'une activité professionnelle de longue date.
Restons-en à un diplôme qui est le couronnement d'une carrière universitaire. La valorisation professionnelle doit être garantie par l'entreprise vis-à-vis de son salarié par la promotion.
Sinon, j'ai bien peur de la situation suivante:
DRH Fast-food: merci de votre candidature pour ce poste de manager, mais je vois que vous n'avez pas votre doctorat de microbiologie ni votre prix Nobel de médecine, aussi c'est avec regret que je me dois de refuser votre profil, vous souhaiant, blablabla...

@++
5  2 
Avatar de MobyKDIK
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 11:03
Je viens rajouter mon grain de sable et mon point de vue d'ingénieur passé par les grandes écoles françaises.

1) Ce que dénonce semble être une accusation creuse, dans le sens où tout le monde devra toujours faire ses 2 ans à peu près de doctorat pour obtenir son titre, ce monsieur semble avoir mal lu les textes (peut-être par dessein, il semble très remonté )
C'est d'ailleurs ce qui se fait déjà dans les écoles d'ingé : les gens ont leur diplôme en bac+5 et certains décident de continuer en thèse pour 2 ans de plus.

2) Il est délicat de comparer les systèmes français et anglo-saxon, mais faut bien s'y essayer pour avoir une critique intéressante. Au sein de mon école, il y avait aussi des enseignants chercheurs, et des thésards : les discussions avec eux nous laissaient plutôt l'image que, d'une part les doctorats en France n'ont pas la cote, d'autre part ils sont moins valorisés à l'étranger que des ph.D anglo-saxons.
Des témoignages que j'ai reçu, un ph.D anglais ou américain c'est une tout autre paire de manches qu'un doctorat français. Là bas, comme tout est cher dans les études, ils doivent d'abord avoir un sujet de thèse intéressant à proposer à un chercheur, qui prendra la décision de lever des fonds pour son sujet de thèse, argent bien sûr indépendant de l'Etat dans ces pays, donc les enjeux sont plus forts. Ainsi, le doctorant peut se voir remercier et faire ses affaires avant la fin de thèse si son étude n'avance pas assez, ne produit pas assez d'articles, etc.
Là je m'avance, je n'en connais pas grand chose, mais il me semble qu'en France les conditions sont beaucoup plus douces, et donc vont forcément dévaloriser le doctorat français face à un ph.D plus exigeant.

3) Il critique ensuite les études en grande école, ce qui peut être entendu . Je commenterai pas l'enseignement, mais plutôt l'image à l'international. Ce qui fait qu'elle sont invisibles est dans leur taille.
Un diplôme d'ingénieur d'école en France a valeur de master, donc elle est là la visibilité internationale de base.
Maintenant pour qu'elles rayonnent à l'international, on se fiche de savoir quel est le diplôme, mais juste que les gens reconnaissent le nom de l'école/Université à l'international !
Si tu dis que t'as fait Oxford, presque on te demande pas ton diplôme, le nom suffit.
Les Universités frnaçaises ont le même problème, elles sont beaucoup trop petites, donc en fait, encore une fois il soulève un faux problème pour moi, tout tient dans la taille et la réputation : les grandes universités anglo-saxonnes sont des campus-villes de dizaines de milliers d'étudiants !!

4) Enfin, la dernière chose qui m'agace dans la comparaison université en France et dans le monde est que nos universités n'ont rien à voir avec celles à l'international !
Les grandes universités anglo-saxonnes ressemblent beaucoup plus à nos grandes écoles, avec des campus, des associations étudiantes, des liens forts avec le monde de l'entreprise !
Là encore je m'avance sur ce que je ne connais pas, mais il me semble que les universités françaises restent trop académiques, sans lien avec les entreprises, le monde du travail, etc ... A ceux qui sont passé par l'université de me dire
Pour ce que je connais, dans nos écoles d'ingénieur, ce lien est omniprésent : chaque semaine, on a des conférences, afterwork, et rencontres avec des employés d'entreprises, on a des forums où ils viennent se presenter et prendre contact avec nous etc..
Même nos études sont liées, avec des projets qui peuvent s'inscrire dans du développement pour des entreprises partenaires.

Pour finir je pense que les choses bougent enfin en France sur certains points
Les Grandes Ecoles d'ingé ET les universités s'associent pour gagner une visibilité à l'international (et ça fonctionne, on apparaît enfin dans les classements mondiaux) et créer des campus comme aux USA avec des milliers d'étudiants, des labos de recherches et des entreprises au même endroit.
Et les universités commencent à créer des partenariats avec les entreprises pour sortir d'un enseignement trop déconnecté de la réalité, et donc qui fait peur aux employeurs.

Donc ce gentil monsieur peut aller se rhabiller et s'énerver tout seul
5  2 
Avatar de mangobango
Membre averti https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 14:33
Citation Envoyé par Bigb Voir le message
Quand on voit le boulot pour valider une thèse, c'est vraiment un scandale !
Bientôt on trouvera son titre de Docteur dans un Kinder...

Citation Envoyé par GLDavid Voir le message
L'image est dure mais elle est vraie.
Mon point est le suivant: maintenant, on dit que le baccalauréat est offert. Quoi que de plus banal maintenant d'avoir son bac. Replongez vous dans les annales et comparez avec maintenant. Qu'assite t'on maintenant? A la banalisation du doctorat. Grande idée!
Personnellement, malgré une réflexion intense lorsque j'ai été confronté à ce choix, j'ai dit non au doctorat et oui au DESS, qui est professionnalisant, et il ne se passe pas une journée où je me dis "J'ai fait le bon choix". Attention, ce point de vue est personnel. Ma femme a un doctorat (immuno) et d'autres de nos vieilles connaissances de fac' ont aussi un doctorat. Qu'en est-il ? J'observe juste que les Ph.D ont bien eu du mal en France à se trouver un boulot. Voir même à obtenir des formations professionnalisantes moins hautes que le doctorat. Pourquoi ?
  1. Parce que le doctorat fait peur à l'employeur (salaire trop haut et peur aussi de proposer un emploi où le salarié s'ennuira (sic)).
  2. Les carrières universitaires sont bouchées (A mon prof de neurosciences, Maître, malgré tout le respect que je vous dois, le tapis roulant générationnel n'a jamais fonctionné).
  3. Comme beaucoup l'ont souligné, ce diplôme est le plus haut placé et valorisé dans d'autres pays (et ça le restera) alors que nous voulons en faire un diplôme comme les autres.

Je ne dis pas que ce diplôme doit rester hermétique à d'autres, au contraire, mais il doit avant tout sanctionner de recherches fondamentales ou appliquées, et non justifier d'une activité professionnelle de longue date.
Restons-en à un diplôme qui est le couronnement d'une carrière universitaire. La valorisation professionnelle doit être garantie par l'entreprise vis-à-vis de son salarié par la promotion.
Sinon, j'ai bien peur de la situation suivante:
DRH Fast-food: merci de votre candidature pour ce poste de manager, mais je vois que vous n'avez pas votre doctorat de microbiologie ni votre prix Nobel de médecine, aussi c'est avec regret que je me dois de refuser votre profil, vous souhaiant, blablabla...

@++


Citation Envoyé par Haseo86 Voir le message
Écœuré par ce texte. Il faut absolument arrêter avec cette politique de "tout le monde doit avoir un diplôme", ou alors il faut créer des diplômes adaptés.
C'est le principe d'un doctorat de valider des compétences dans le domaine théorique, comment une expérience pratique pourrait-elle amener à ces mêmes compétences ?
Que l'on cherche à donner une reconnaissance aux aspects pratiques, c'est une très bonne chose, mais ce n'est pas en distribuant des diplômes dont le but est de valoriser tout autre chose que cela va marcher.

Cette approche ne permet que de dévaloriser les diplômes, au lieu de valoriser des métiers et des expériences injustement sous-estimées.

Quant au fait que le directeur soit dispensé de soutenance, ou la multiplication des pseudo-formation obligatoires aussi chiantes qu'inutiles, c'est désespérant.

Edit :
Pour rebondir sur les nombreux "un docteur ne trouve pas de boulot" ou assimilé, je ne suis absolument pas d'accord. Perso je suis docteur en informatique, et c'est bien pour ça que j'ai eu mon poste actuel, le précédent, ou même que j'ai pu me permettre de choisir mon boulot parmi plusieurs propositions. Seulement voilà, il y a les personnes en entreprises qui connaissent la valeur de ce diplôme, et il y a celles qui voient juste ça comme un surcoût inutile. De la même façon que "docteur" ne signifie pas "compétent" (comme tous les diplômes...), cela ne signifie pas non plus "bon à ne faire que de la théorie".

Citation Envoyé par renoo Voir le message
Il y a des doctorants qui ont fait Normale Sup, l'X ou Centrale. D'ailleurs pour Normale Sup, une majorité des élèves font une thèse et ceux sont souvent les meilleurs doctorants. Ceux qui souhaitent faire une thèse après une école sont souvent les bienvenus.

A l'heure de l'harmonisation LMD on invente un doctorat français à bac+5 car nos élites (X, ENA, ...) ont ce niveau de diplôme, et leur diplôme n'est pas reconnu à l'international.

Le doctorat forme à d'autres compétences (autonomie, savoir regarder à l’extérieur, travailler dans l'incertain...), c'est très différent comme formation du reste donc on ne peut pas juste le supprimer ou le donner après 3 ans dans un grand groupe avec une étiquette R&D.
Oh éh, les diplômés, de la rigueur que diable! Non, parce qu'on s'attend à ce qu'un Bac+5 et encore plus un Bac+8 (mais en fait, tout le monde) fasse un minimum de travail de bibliographie, qu'il use de son sens critique et sceptique affûté au fil des années... mais non. On a des réactions épidermiques suivant les propos d'un type visiblement mal informé. Autrement dit: avez vous lu l'arrêté avant de sortir de telles âneries? Vous pouvez même lire la version à venir de September 2016... Le VAE c'est pour pouvoir postuler à un doctorat. Il n'est dit nulle part qu'un bac+5 équivaut à un bac+8, ni que de l'expérience équivaut directement à bac+8, non! L'équivalence, si validée, est pour le bac+5 pour pouvoir s'inscrire à un doctorat.

Sérieusement, c'est inquiétant!
4  1 
Avatar de yento
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 21/06/2016 à 22:46
Citation Envoyé par renoo Voir le message
C'est le système français, la sélection est faite en partie avant, tu en connais beaucoup des gens qui dégagent en école d'ingénieur ? Est ce que l'on ne valoriserait pas les diplômes d'ingénieur si chaque année on giglait 30% des promos plutôt que de donner un diplôme à tous à la fin et même à des franchement mauvais ?
Que ce soit en école d'ingénieur ou en IUT, c'est au dela de 20% d'échec PAR AN en moyenne. (Minimum vers 10% et maximum vers 40%).

Je comprends pas les gens qui disent que les études sont faciles et données. C'est un bain de sang.
Chaque fois que tu t'assieds sur une chaise à un examen, tu es certain que quelqu'un était assis sur cette même chaise récemment et il a échoué et a été rejeté sans pitié.

Toutes les années, je reçois des demandes pour aller présenter les filières post-bac et les écoles dans les lycées ou universités. Et je refuse systématiquement parce que j'ai été traumatisé par le champs de bataille et je ne peux conseiller à personne, en toute conscience, de s'engager dans des études longues, statistiquement vouées à l'échec.
3  0 
Avatar de maske
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 23/06/2016 à 14:30
Je passe sur les fantasmes prépa/école vs université.

Attention quand le monde nous fait «l'éclairage» sur une réforme, par des journalistes qui pigent rien. Notamment la VAE, ce qui n'est pas précisé hein, c'est que pour avoir un doctorat par VAE aujourd'hui il faut justifier d'un nombre conséquent de publications (et pas des petites) et ensuite passer une soutenance. C'est loin d'être accessoire ou facile. Il y a bien un delta notable que relève M. Garçon avec la nouvelle version du doctorat par VAE.

Quand on dit que les meilleurs doctorants viennent des grandes écoles, j'aurais tendance à nuancer. Disons qu'il y a moins de médiocres.


Je rajouterai quand même quelque chose : ce qu'il y a de bien avec les écoles d'ingénieur (je parle de ce que je sais) c'est qu'on est formé à quelque chose qui intéresse les entreprises, globalement je pense qu'on trouve plus facilement du boulot que la jeunesse globale en France. Notre formation est calquée sur la demande professionnelle.
Ce qui me semble moins le cas en université, où il existe des masters possibles où derrière personne n'est intéressé par la formation acquise. Je ne sais pas si il s'agit d'une pensée stéréotype, par trop caricaturale, mais un des points faibles que j'ai de l'université, où on garde ouvert des filières qui ne proposent aucune débouchée, amenant joyeusement des étudiants au chômage !
Bah faut se renseigner avant de parler aussi. Ça donne l'air moins bête. Les universités font justement tout pour professionnaliser leurs cursus en Master. La licence est là pour donner une culture dans une discipline et n'a pas vertu à préparer l'étudiant au monde du travail (sauf licence pro). Le Master est une spécialisation professionnalisante. Presque partout. Les bassins d'emploi locaux connaissent justement la valeur de ces masters, et jusque dans les grandes entreprises les recrutés à bac+5 ont des salaires équivalents à ceux des écoles d'ingénieurs, et portent d'ailleurs en entreprise le titre d'ingénieur. Qui ici travaille dans une équipe exclusivement constitué d'ingénieurs diplomés ? Qui travaille dans une équipe mixte, et peut relever des différences de compétences ou de «professionnalisation» flagrantes suivant le critère fac/école ? Laissons l'expérience parler, on verra...

C'est également normal pour un docteur de galérer au CAPES ou à l'aggrégation, où on demande des connaissances très générales (eh oui !) sur une discipline, alors que le docteur a une expertise. Aucun des deux ne vaut l'autre sur son propre terrain. C'est comme comparer un gymnaste et un culturiste...

Quand à ça :


pour ce qui est des écoles post prépa, j'ai entendu personne se plaindre d'un niveau très dur, c'est plutôt l'inverse qui est critiqué, qu'ils ne foutent plus rien après ces 2 années de buchage (je peux en témoigner ).
C'est symptomatique de beaucoup d'étudiants ex-prépas, qui ont eu un niveau intéressant à 20 ans et qui 3 ans plus tard à rien glander se disent plus professionnels et plus compétents que les autres. C'est assez lamentable.
3  0 
Avatar de Conan Lord
Membre expert https://www.developpez.com
Le 20/06/2016 à 19:58
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Que pensez-vous de la réforme du doctorat ?
Je manque un peu de recul là-dessus, je n'ai jamais tenté l'expérience moi-même (quoi que l'idée me titille de plus en plus). Cela dit, d'après l'article de wikipédia sur le PhD, le doctorat actuellement délivré par les universités française a l'air équivalent (au niveau de la recherche, de l'investissement personnel et de la thèse). La seule différence, c'est qu'à l'étranger, le PhD est vu comme prestigieux, alors qu'ici c'est vu comme un diplôme fait pour les gens qui préfèrent étudier plutôt que d'aller travailler comme tout le monde rontidju .
Du coup, plutôt que de promouvoir le doctorat, on préfère donner une équivalence par VAE si j'ai bien compris.
Le risque, c'est que le doctorat français ne soit plus du tout reconnu à l'étranger, non ? Du coup, ça dénature le LMD, dans le sens où on est supposé s'harmoniser avec les standards européens
2  0 
Avatar de yento
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 20/06/2016 à 20:33
Sérieusement, vous en faites pas pour la reconnaissance des diplomes francais à l'étranger. Ca passe comme une lettre à la poste. Y'a que la France qui refuse de reconnaitre et de payer les diplomes francais.
2  0 
Avatar de Bigb
Membre averti https://www.developpez.com
Le 20/06/2016 à 21:09
Quand on voit le boulot pour valider une thèse, c'est vraiment un scandale !
Bientôt on trouvera son titre de Docteur dans un Kinder...
5  3 
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web