USA : un sénateur demande à la FTC d'enquêter sur l'expérience psychologique de Facebook
Pour déterminer si l'entreprise a enfreint la loi

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
En janvier 2012, Facebook a mené une expérience psychologique en manipulant les fils d’actualités de près de 700 000 personnes. Le but était de déterminer comment les émotions auxquelles les utilisateurs sont confrontés sur le réseau social influent sur leur humeur. Les conclusions de cette enquête avançaient que « les états émotionnels sont communicatifs » ; plus l’utilisateur était exposé à des statuts « heureux », plus il avait tendance à être de bonne humeur, tandis que plus il était confronté à des « amis » déprimés, plus il devenait maussade ou triste.

Seulement, Facebook avait mené sa petite étude sans en informer au préalable son univers d’expérimentation. Alors, depuis la publication des résultats, les plaintes contre le réseau social se multiplient et ses excuses semblent n’avoir que peu d’effets, sinon aucun.

Aux Etats-Unis, dans une lettre adressée à la Commission Fédérale de Commerce (FTC), le sénateur démocrate Mark R. Warner lui a demandé de déterminer si le réseau social a violé la loi ou au moins des clauses signées avec lui. « Je serai aussi intéressé de savoir si l’expérience menée en 2012 viole la section 5 du FTC Act … » a-t-il requis. La section 5 du FTC Act est une protection basique du consommateur renforcée par la FTC qui prévoit que « des actes ou pratiques injustes ou trompeurs dans ou affectant le commerce » sont déclarés illégaux.


« Je suis issu du monde de la technologie », rappelle le sénateur qui a fait fortune dans les licences et franchises de téléphones cellulaires et est cofondateur de Nextel et investisseur dans de nombreuses compagnies de téléphonie mobile. « Je comprends que les entreprises de média sociaux essayent volontairement de soutirer des informations fournies par leur énorme base de données clients », a-t-il continué. « Je ne sais pas si le fait que Facebook ait manipulé le flux d’actualité de ses utilisateurs était approprié ou pas, mais je pense que plusieurs clients ont été surpris d’apprendre qu’ils en avaient déjà donné la permission à Facebook en acceptant ses termes et conditions. Je pense que l’industrie toute entière pourrait bénéficier d’un débat sur les règles appropriées. »

Le sénateur n’a donc pas nécessairement critiqué Facebook pour avoir mené cette étude. Cependant, dans sa lettre il explique que « de prochaines études comme celles-ci, sans la surveillance adéquate ou un examen approprié, pourraient avoir un impact significatif sur un grand nombre de consommateurs ». D’ailleurs, « le fait même que des questions importantes restent sans réponses met en exergue le manque de transparence autour de ces pratiques commerciales. Par exemple, bien que Facebook ne soit pas légalement obligé d’effectuer un examen d’éthique indépendant sur sa recherche comportementale, l’expérience fait place à un débat sur le thème de savoir si oui ou non des procédures devraient être mises en place pour régir ce type de recherche .»

En 2011, la FTC et Facebook s’étaient déjà affrontés sur des questions de confidentialité. Le réseau social était accusé par la FTC de « tromper » les utilisateurs en modifiant ses pratiques de confidentialité sans préavis. Selon les termes de l’accord, Facebook a accepté de permettre aux utilisateurs de « choisir » des changements qui modifient la façon dont les renseignements personnels sont partagés avec les annonceurs et les autres utilisateurs. Si la FTC décide donc d’être impliquée, ce ne sera pas la première fois qu’elle fera face au numéro un du réseau social.

Sources : lettre du sénateur Warner, FTC Act section 5

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Au regard de la section 5 du FTC Act, Facebook a-t-il enfreint la loi ?


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Avatar de Thorna Thorna - Membre éclairé http://www.developpez.com
le 12/07/2014 à 8:56
Y'en a vraiment qui n'ont pas grand chose à faire ! Quand on voit les tonnes de problèmes internationaux que les USA ont en ce moment... Bon, c'est sûrement un moyen de noyer le poisson.
En tout cas, j'ai trouvé cette étude très intéressante. Ca prouve que les pages de haine et de violence engendrent la haine et la violence, et pas au bout de plusieurs années mais seulement de quelques jours ! Et les pages de co**eries, on en voit à la TV depuis un demi-siècle, inutile de dire que ça engendre aussi de la co**erie et là, ça eu son effet !
Le monde est foutu...
Avatar de Gecko Gecko - Membre éprouvé http://www.developpez.com
le 12/07/2014 à 14:35
Je trouve aberrant de soumettre ses utilisateurs à de telles expériences sans accord préalable, les CGU d'un site devraient se contenter de lister les conditions d'utilisation classique de la plateforme. Pour les tests expérimentaux les personnes devraient donner leur consentement explicite et connaitre les manipulations effectuées.

Pour ce qui est de l'enquête je pense que Facebook n'a pas tout dévoilé et qu'une enquête internationale pourrait déboucher sur d'autres pratiques bien plus sinistres. Quand on sait que le fondateur de la plateforme à piqué le projet à d'autres développeurs et qu'il n'a pas été ennuyé par la "justice" américaine on se dit que cette enquête sera juste un voile pour calmer les plus crédules soucieux de leur vie privée.
Avatar de oodbae_adriano oodbae_adriano - Membre régulier http://www.developpez.com
le 13/07/2014 à 2:21
Il est temps de vérifier si les lois peuvent encore servir pour réguler les agissements d'automates. Imaginons que des appareils, par exemple des smartphones, signalent tous une absence de réseau lors d'une manifestation contre le traité transatlantique, dans la zone de la mainfestation comme par hasard. Pourra t'on porter plainte si la demande de ce sénateur a déjà été jetée aux orties, faisant ainsi jurisprudence? On va me dire que je suis parano, mais c'est pourtant le principe de la jurisprudence.
Avatar de oodbae_adriano oodbae_adriano - Membre régulier http://www.developpez.com
le 13/07/2014 à 2:28
Citation Envoyé par Saverok  Voir le message
L'idée que je défends est d'uniformiser les CGU des données privées
Les données médicales répondent à un CDC très strict : on ne peut pas les stocker n'importe où, les consulter n'importe comment et par n'importe qui
Je propose qu'il en soit de même pour les données clients : établir une certification commune pour encadrer la collecte, le stockage, la consultation et les manipulations de ces données
En clair : Avoir une politique commune des données privées

Je crois que tu as raison et qu'une telle mesure devrait figurer sur le programme poliique de tel ou tel condidat aux prochaines élections (présidentielle, européenne, l´gistlative...)
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