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« L'enfumage des SSII » : que pensez-vous du processus de recrutement de ces entreprises ?
Un ingénieur en informatique partage son expérience

Le , par theguest, Membre actif
Depuis que je suis rentré en école d'ingénieur en informatique, je me suis dit que je ferais tout pour éviter de bosser en SSII, étant donné les avis très négatifs (et à priori pas usurpé) qu'a ce genre d'entreprises. La réputation de marchand de viande, telle qu'on peut la trouver sur le net, avec des beaux discours lors d'entretiens d'embauche, discours vites oubliés une fois la relation contractuelle entamée, avaient sur moi un effet repoussoir très puissant...

Arrivé en cette fin d'année universitaire, la recherche de mon premier job d'ingénieur en informatique a débuté. Je n'ai volontairement pas candidaté spontanément sur les SSII, je me suis contenté de placer mon CV sur différentes job board, en sachant que ces rapaces allaient me tomber dessus rapidement. J'ai en parallèle envoyé des candidatures vers des "vraies" entreprises ciblées autour de mon domaine de prédilection. Je ne me suis pas planté, mon CV mis en ligne sur les job board en soirée, j'ai eu pas moins de 6 appels dès le lendemain, uniquement en provenance de SSII. Comme je voulais tenter de me faire mon propre avis, je suis rentré dans leurs processus de recrutement, histoire de voir.

Comme aucunes de ces SSII étaient dans ma région, nous avons toujours débuté par des entretiens téléphoniques. A chaque fois, c'est le même modèle : présentation de l'entreprise puis on me laisse quartier libre pour me présenter. Si certains "manager" (c'est comme ça qu'ils se font appeler) avaient visiblement étudié mon CV, certains n'avaient visiblement même pas pris 2 minutes pour le parcourir. C'est sans compter sur certaines SSII qui réclament avant même ce premier entretien de renseigner un "CV" sous leurs couleurs, en réclamant tout de suite des informations "confidentielles" (notamment numéro de sécu), j'ai pour ma part refusé de renseigner ces champs, considérant qu'il serait bien assez tôt pour leur donner ces informations au moment de l'établissement du contrat. J'ai donc quand même pris pas mal de temps pour remplir ces fichus CV, perte de temps à renseigner des informations qui figurent déjà sur mon CV personnel, et cela ne garantit même pas que le "manager" aura pris connaissance de votre parcours pour le premier entretien... Ces CV servent donc essentiellement à alimenter leur banque de profils...

Bref, une fois la date de rendez-vous téléphonique arrivée, j'ai eu de tout : des correspondants à peu près ponctuels au correspondant qui visiblement prenaient les choses avec bien peu de considération : j'ai parfois (et à plusieurs reprises) attendu l'appel pendant plus d'une heure, avant d'appeler moi-même pour m'entendre dire que le rendez-vous était décalé parce que Mr Untel avec qui j'avais rendez-vous avait eu un empêchement. Cela peut arriver et je le comprends, en revanche, quand un "manager" me fait le coup plusieurs fois de suite, personnellement, je flaire le foutage de gueule...

Lors de ces conversations, une question venait en général très très rapidement, celle des prétentions salariales. J'ai pour ma part pris un chiffre qui correspondait au salaire moyen en sortie de mon école. A chaque fois, on m'indiquait rapidement que mes prétentions étaient largement surestimées (j'ai eu cette réponse également pour certains postes à Paris…) et qu'il ne fallait pas m'attendre à avoir autant, aucun jeune diplômé n'était payé autant etc etc... Durant ces échanges, j'indiquais aussi qu'il était important pour moi de travailler dans mon domaine de prédilection, et j'insistais bien sur ce fait, car je sais qu'il y a du travail dans ce domaine, il est donc possible de décrocher des missions qui correspondent à mes attentes. A chaque fois, mon correspondant m'affirmait que oui, c'était possible de débuter dans ce domaine.

La suite logique des entretiens était des entretiens physiques. Si la majorité des entretiens que j'ai passé l'étaient effectivement avec des manager de mon domaine de prédilection, certaines SSII m'ont fait rencontrer des "managers" du domaine télécom, domaine pour lequel je n'ai aucune attirance et qui n'a aucuns points communs avec mon domaine cible (voir limite j'ai une aversion pour les telecoms). Bref, ce genre de comportement m'a fortement déçu (et déplut) vis à vis d'un candidat (moi) prêt à faire plusieurs centaines de km pour un entretien.

Arrivent ensuite les propositions. A savoir que certaines SSII m'ont fait des propositions sur la simple base de 2 entretiens téléphoniques, sans jamais m'avoir rencontré. Aucunes des SSII ne m'as non plus fait passé de tests techniques... ils prennent donc pour argent comptant tout ce qui est sur le CV (pour ma part, mon CV n'était pas bidonné, je suis tranquille avec ma conscience, mais pour des candidats qui embelliraient un peut leur CV, il serait facile de les tromper...) ainsi que ce qui leur est dit en entretien.
Certaines font simplement des propositions écrites avec le salaire, certaines envoient carrément le contrat. Je passe sur les propositions de contrats faites avec le mauvais prénom, une faute dans le nom et une erreur sur l'adresse (j'avais bien compris que je n'étais qu'un numéro, merci de confirmer ce sentiment !). Conformément à ce qu'ils m'avaient dit, les salaires sont entre 3 et 6 k€/an en dessous de mes prétentions (et donc du salaire moyen de mon école).

Côté salaire, c'est le grand enfumage ! Typiquement, on me proposait un salaire mirifique sur Paris de 32k, et comme ils sont bien conscients que cela n'est pas suffisant pour convaincre, ils disent qu'ils "garantissent minimum 10€ de frais par jour de travail", soit environ 2200€ par an (net d'impôts et de charges salariales... c'est surtout ce dernier élément qui les poussent à procéder de la sorte j'imagine car ça permet de gonfler le "salaire" sans que cela ne coûte trop cher). Afin de faire encore gonfler ce chiffre, ils calculent un "équivalent brut" de cette somme, en divisant par 0,75 (pour prendre en compte les 25% de charge salariales). Pour une personne seule, ces 2200€ seraient imposés dans la tanche des 30%, ils divisent encore par 0,70 pour avoir un équivalent imposable. Les 2200 € de frais sont donc transformés comme par magie en un "4190€ équivalent brut". Ce petit arrangement n'a pas fonctionné chez moi :
  1. Je suis pacsé avec ma compagne, et nous avons un enfant, nous n'atteignions donc pas la tranche des 30% d'imposition (en réalité, notre taux marginal serait à 5,5% avec ce salaire selon mes simulations).
  2. C'est le salaire brut qui compte pour le calcul d'éventuelles indemnités chômage, notre hypothétique retraite, les négociations d'augmentations qui se font sur la base du salaire... je sais aussi que c'est le salaire qui intéresse les banquiers dans le cadre d'un éventuel emprunt, le défraiement (même fictifs) n'est pas pris en compte.
  3. En cas d'arret de travail (maladie...), ces fameux frais ne seront pas versés durant toute cette période.
  4. Les frais sont normalement attribués dans le cadre des "frais réels", c'est à dire que ce sont des remboursements de dépenses réellement effectuées par le salarié dans la cadre des missions confiées par son entreprise. Attribuer des frais de façon "automatique" comme cela est proposé est donc illégal. Rien ne garantit qu'un juge n'interdise pas un jour leur versement dans ce cadre, et si l'entreprise décide un jour de supprimer ces frais "automatique" de façon unilatéral, le salarié n'aura bien sur aucuns recours puisque légalement ces frais fictifs n'auraient jamais dû être versés.

Bref, ce qui doit nous intéresser, c'est le salaire au contrat, et uniquement celui-là... les frais ne sont que de la poudre aux yeux.
Autre technique pour augmenter (d'un peu) les salaires artificiellement : la prime Syntec. La convention Syntec prévoit en effet qu'une "prime vacance" correspondant au minimum à un mirifique 12% d'un salaire mensuel brut (en fait 10% de la valeur des congés payés), soit 300€ pour un salaire de 30k. Certains intègrent cette prime dans le salaire annuel brut. On vous parlera alors par exemple de "30k€ payés sur 12,12 mois". Je n'ai bien sur eu aucune proposition de "prime Syntec" qui aille au-delà de ce minimum conventionnel de 12%.

Une fois que les propositions sont tombées, on vous demande en général une réponse assez rapide. Pour ma part, j'attendais une proposition d'une "vraie boîte" qui tardait un peu pour des raisons administratives. Je savais les SSII réellement intéressées par mon profil (j'ai un certain nombre de particularités qui rendaient mon profil un peu différent). Lorsqu'elles ont commencées à devenir pressentes, je leur ai fait comprendre que s'il leur fallait une réponse maintenant, c'était négatif. Elles ont patienté... si vous avez la chance d'être dans le cas d'un profil un peu différent qui les intéresse beaucoup, profitez-en si besoin...

Parlons un instant de la convention Syntec... rappelons que cette convention a été écrite par le Medef (syndicat du patronat), on se doute bien que ça n'est pas la convention qui est la plus tournée en faveur des salariés... je pense que lorsqu'on a dit ça, on a à peu près tout dit...

Pour finir le salaire et les conditions proposés par la "vraie boite" (concrètement, un salaire 3,7k au-dessus du salaire moyen de mon école, 5,7k au-dessus du plus gros salaire proposé en SSI, et 10k au dessus du plus bas salaire proposé, avec une prime annuelle qui peut atteindre l'équivalent d'un mois de salaire, et sous convention métallo, dans une boite en province) Ces expériences ont fini de me convaincre que les SSII étaient vraiment des marchands de viande, pour rester poli... Vous l'aurez compris, j'ai signé dans la "vraie boite"...après avoir décliné pas moins de 3 propositions écrites de SSII, le tout avant la fin de mon stage de fin d'études...

Je dois bien avouer que l'étape "refus des offres des SSII" a eu quelque chose d'assez jouissif... Le groupe qui m'a embauché a une filliale "service" (en mode SSII donc). Lorsqu'ils me demandaient qui m'avait embauché, je donnais le nom du groupe, et ils me répondaient ah xxx (le nom de la filliale service du groupe), alors que non, je suis embauché dans l'une des filliales "classiques" du groupe... en tout cas, une fois le nom du groupe donné, ils ne cherchaient même pas à négocier, je pense qu'ils ont conscience des salaires de misère qu'ils proposent...

Je suis bien content d'avoir réussi à éviter l'étape SSII, souvent présentée comme incontournable pour les ingénieurs en informatique fraichement diplômés.


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Avatar de olivier2013 olivier2013
Membre expérimenté
le 19/01/2014 13:03
Bonjour,

En ce moment les ssiis sont confrontées à une concurrence trop âpre: dès qu'une ressource sort, elles se battent pour en replacer une avec les contraintes tarifaires, on voit alors fleurir des annonces où on demande au candidat de faire son paquetage alors même qu'il n'a pas rencontré le client, ne sait si le courant va passer et s'il va "mieux" faire l'affaire que son homologue précédent jeté comme un kleenex.

De moins en moins de ssiis envisagent des formations, aucune visibilité: on cherche à placer la ressource X qui a la compétence Y au bon tarif Z: c'est tout. Un appel raté, on raccroche et on en appelle un autre, voire même appelle une ressource qu'on a envoyé sur les roses 3 semaines avant mais on ne s'en souvient même plus tellement on a le nez dans le guidon.

Dans la ssii raffinée, on a la gérante qui dit au candidat sans complexe: "je vous prends en CDI si le client vous accepte et à la fin du CDI je casse le contrat en disant que vous avez refusé une mission".

Cela étant en ce moment aucune solution n'est viable, travailler en interne c'est aussi courir le risque de ne pas avoir nécessairement d'opportunités (les postes convoités étant souvent rares et difficiles à obtenir), puis de connaitre le temps passant l'enlisement voire même un service en train de péricliter avec des collègues désemparés puis blasés surfant sur internet.

Il y a du bon et du moins bon aussi bien en fixe qu'en mission.

A+
Avatar de theguest theguest
Membre actif
le 19/01/2014 18:20
Citation Envoyé par olivier2013  Voir le message
En ce moment les ssiis sont confrontées à une concurrence trop âpre: dès qu'une ressource sort, elles se battent pour en replacer une avec les contraintes tarifaires, on voit alors fleurir des annonces où on demande au candidat de faire son paquetage alors même qu'il n'a pas rencontré le client, ne sait si le courant va passer et s'il va "mieux" faire l'affaire que son homologue précédent jeté comme un kleenex.

S'il y avait une réelle concurrence, les SSII augmenteraient les rémunuérations, pour fidéliser leurs "collaborateurs", comme ils aiment bien appeler la viande qu'ils louent.

Citation Envoyé par olivier2013  Voir le message
Dans la ssii raffinée, on a la gérante qui dit au candidat sans complexe: "je vous prends en CDI si le client vous accepte et à la fin du CDI je casse le contrat en disant que vous avez refusé une mission".

C'est bien malheureux que les informaticiens ne se défendent jamais... c'est parfaitement illégal...
Citation Envoyé par olivier2013  Voir le message
Cela étant en ce moment aucune solution n'est viable, travailler en interne c'est aussi courir le risque de ne pas avoir nécessairement d'opportunités (les postes convoités étant souvent rares et difficiles à obtenir), puis de connaitre le temps passant l'enlisement voire même un service en train de péricliter avec des collègues désemparés puis blasés surfant sur internet.

Peut-être... je n'ai pas assez d'expérience pour juger ce point... mais au moins, en interne, on a une réelle reconnaissance au moins en termes de salaires (pour ma part, presque 38k de SALAIRE annuel, en province et issue d'une école classée C, avec une prime qui peut atteindre un mois de salaire, et plusieurs autres avantages que je ne pense trouver dans aucune SSII, dont notamment un CE du toner qui me prend en charge 50% de mes dépenses dans une activité relativement couteuse... ça représente l'équivalent d'un demi-mois de salaire supplémentaire tous les ans... non négligeable).
Avatar de olivier2013 olivier2013
Membre expérimenté
le 19/01/2014 19:27
Citation Envoyé par theguest  Voir le message
S'il y avait une réelle concurrence, les SSII augmenteraient les rémunuérations, pour fidéliser leurs "collaborateurs", comme ils aiment bien appeler la viande qu'ils louent.

salut tout dépend de quel type de concurrence on parle. On traverse une grave crise avec des défaillances d'entreprise comme en 2009.

La tendance est donc à la casse des offres tarifaires surtout que les gens ont faim, les clients en profitent.

Ces difficultés se traduisent par une purge et une asphyxie des petites ssiis.

J'ai été augmenté plus facilement en interne mais j'en connais qui ont eu ce qu'ils voulaient en ssii, pour les seconds ils avaient souvent su se faire remarquer auprès de la bonne personne.

A+
Avatar de noescape noescape
Membre confirmé
le 20/01/2014 16:23
Etant donné que ne suis pas le dernier pour "cracher dans la soupe" et bien content de les avoir quitté tellement mon écœurement avait atteint son paroxysme , je ne peux que te mettre un +1 à ton poste . Car si j'avais été autant informé que toi à la sortie de mes études , j'aurai évité également ces requins. J'en entends déjà dire "oui ça reste quand même un moyen de se faire une bonne expérience etc etc . Oui c'est vrai mais , pour cela faut tomber sur la bonne boite . Et avec le temps même, celles qui avaient une bonne réputation à la sortie de mes études ont suivi le mouvement ... Soit le nivellement pas le bas. Bon courage pour la suite et je te souhaite de ne jamais tomber dans la gueule du loup.
Avatar de Jitou Jitou
Membre habitué
le 20/01/2014 16:29
Citation Envoyé par theguest  Voir le message
(...) Autre technique pour augmenter (d'un peu) les salaires artificiellement : la prime Syntec. La convention Syntec prévoit en effet qu'une "prime vacance" correspondant au minimum à un mirifique 12% d'un salaire mensuel brut (en fait 10% de la valeur des congés payés), soit 300€ pour un salaire de 30k. Certains intègrent cette prime dans le salaire annuel brut. On vous parlera alors par exemple de "30k€ payés sur 12,12 mois". Je n'ai bien sur eu aucune proposition de "prime Syntec" qui aille au-delà de ce minimum conventionnel de 12%.

Oui c'est de la bidouille, on m'avait aussi proposé un temps une part variable et un fixe ridicule pour un poste de développeur ... cherchez l'erreur ...

Citation Envoyé par theguest  Voir le message
Parlons un instant de la convention Syntec... rappelons que cette convention a été écrite par le Medef (syndicat du patronat), on se doute bien que ça n'est pas la convention qui est la plus tournée en faveur des salariés... je pense que lorsqu'on a dit ça, on a à peu près tout dit...

On est d'accord le SYNTEC existe pour la forme, c'est la plus mauvaise convention collective de l'industrie.

Citation Envoyé par theguest  Voir le message
Le groupe qui m'a embauché a une filliale "service" (en mode SSII donc). (...)
Je suis bien content d'avoir réussi à éviter l'étape SSII, souvent présentée comme incontournable pour les ingénieurs en informatique fraichement diplômés.

Attention car les filiales informatiques (GIE ou vraies sociétés) de certains grands groupes risquent à terme d'être revendues à des poids lourds du secteur SSII en raison de la conjoncture économique qui incite les grands groupes à recentrer leurs activités et à faire plus jouer la concurrence pour leurs projets informatique. Je pense notamment à EURIWARE la filiale service de AREVA revendue à CAP Gemini dernièrement.
Avatar de Kearz Kearz
Membre Expert
le 20/01/2014 17:08
Ton post date du "18/01/2014", ton embauche date aussi de cette date?
Cette date peut expliquer ton salaire. En effet, tous les ans depuis la fin de mon DUT, je regarde les annonces avant de faire un an d'étude en plus. (question de curiosité et d'assurer mes arrière si jamais j'avais pas le choix demandé ou autre.)

Depuis peu je cherches un boulot (enfin je commence tout doucement) pour le mois de septembre (parce que j'irais pas plus loin que bac+5, c'est sur) et bizarre les salaires sont beaucoup plus élevé qu'en septembre.
Entre juin et septembre, tous le monde (ou presque) sort de l'école, il est donc très simple de recruter. Donc salaire plus bas.
Je parle bien sur hors-SSII. Les SSII connaissent un taux énorme de turn-over que leur besoin est casi-constant sur l'année donc les salaires sont "bas" toute l'année. Et vu que les gens tournent d'une SSII vers une autre, ça alimente le besoin.

Si tu avais cherchais en septembre du taff et que ton profil collé à un poste en interne, tu aurais -je pense- eu quelques K€ de moins. L'effet de l'offre et de la demande.

Personnellement, je ne veux pas aller en SSII. Le problème c'est qu'elles ont la main sur le marché, beaucoup d'entreprises auraient du mal à faire marche arrière et tout faire en interne. En plus elles polluent les sites d'emplois, donc difficile de filtrer les offres.
J'ai réussi à trouver un contrat pro hors SSII mais je peux dire que c'est pas la cas de la majorité des gens de ma classe. Le jour où on cherchera tous du taff en même temps, il y aura 80% des places en SSII pour 20% hors SSII?

Les SSII on les aime pas mais c'est un peu comme le gouvernement. Même si on l'aime pas, on le subit.

De toute façon j'ai fait mon tour chez elles en stage, ça m'a suffit. Au lieu de proposer un CDD l'été, elles proposent des prolongations de stage. Alors qu'en entreprise, on proposent un CDD payé au SMIC voir plus pour les jobs d'été.
(D'ailleurs, c'est à cause de ça qu'ils m'ont pas repris en contrat pro derrière. Ils avaient signés avec le client avant de me proposé de rallongé mon stage, j'ai pu gratter sur le salaire. Ils ont pas aimés. :p)
Avatar de Gastiflex Gastiflex
Membre Expert
le 20/01/2014 17:20
Excellent post ! C'est rare de voir autant de lucidité sur le milieu chez quelqu'un qui sort de l'école.

Après un début de carrière de 3 ans chez un éditeur de logiciel, j'ai voulu aller bosser à Paris je n'ai pas écarté les SSII tout de suite en me disant que ça me permettrait de diversifier mon expérience. J'ai vite déchanté.

J'ai eu droit à tout ce que tu décris, à part cet espèce de rétro-calcul du brut sur les frais de bouche qui est quand même assez gonflé. Mais il m'incluait comme toi ces frais dans mon salaire annuel.

De mon côté, j'en ai vu rajouter la certif financée par l'entreprise et la prime inhérente en cas d'obtention dans le salaire annuel brut.

Egalement, l'entretien physique avec le commercial, qui une fois sur place devient :
"J'avais pas mentionné que je vous faisais rencontrer un client ?
- Bah non...
- Ah. Au temps pour moi. Vous aviez un rendez-vous prévu ensuite ? Parce qu'on part à Vélizy en bagnole."
Entretien tout pourri avec le client, le poste ne correspond pas à ce que je cherche (forcément puisque je n'ai jamais eu d'entretien avec le commercial avant de rencontrer le client).
Je dis que je vais réfléchir, j'attend une réponse d'un client final ailleurs. Je fais la bêtise de lui donner le nom. "Ah, j'ai entendu quelque part qu'ils étaient au bord de la faillite". Alors que c'était complètement faux.
Avatar de theguest theguest
Membre actif
le 20/01/2014 21:23
Citation Envoyé par Kearz  Voir le message
Ton post date du "18/01/2014", ton embauche date aussi de cette date?
[...]
Entre juin et septembre, tous le monde (ou presque) sort de l'école, il est donc très simple de recruter. Donc salaire plus bas.
[...]
Si tu avais cherchais en septembre du taff et que ton profil collé à un poste en interne, tu aurais -je pense- eu quelques K€ de moins. L'effet de l'offre et de la demande.

Non, comme je le disais, j'ai été embauché juste à la fin de mes études. Fin des études en juillet, début de mon contrat en septembre ;-), donc en plein boom des étudiants fraichements diplômés !

Citation Envoyé par Kearz  Voir le message
Personnellement, je ne veux pas aller en SSII. Le problème c'est qu'elles ont la main sur le marché, beaucoup d'entreprises auraient du mal à faire marche arrière et tout faire en interne. En plus elles polluent les sites d'emplois, donc difficile de filtrer les offres.

Je pense que si tu te dis ça, c'est mort d'avance... essaye de trouver ailleurs (j'ai bien dit trouver... souvent les clients finaux ne "chassent" pas contrairement aux SSII, il faut aller à la pêche). Gardes les SSII sous le coudes, au pire il te serviront de roue de secours (vu comme ils se servent de leurs salariés-kleenex, si on peut inverser les rôles, ça fera pas de mal...).

Citation Envoyé par Jitou  Voir le message
Attention car les filiales informatiques (GIE ou vraies sociétés) de certains grands groupes risquent à terme d'être revendues à des poids lourds du secteur SSII en raison de la conjoncture économique qui incite les grands groupes à recentrer leurs activités et à faire plus jouer la concurrence pour leurs projets informatique. Je pense notamment à EURIWARE la filiale service de AREVA revendue à CAP Gemini dernièrement.

Pas de soucis pour ça pour ma part car l'informatique critique est le coeur de métier de ma boite... donc à moins qu'ils se fassent bouffer (faudrait un groupe vachement balèze vu la taille de ma boite...) !
Avatar de gangsoleil gangsoleil
Modérateur
le 21/01/2014 9:13
Bonjour,

Avec un peu d'experience, tu te rendrdas compte qu'il arrive exactement les memes choses dans les entreprises "classiques".

Un recruteur qui n'a pas lu le CV ? Lors d'un recrutement, le chef d'equipe m'a demande si je connaissais A, B et C. Je lui ai repondu que oui, que j'avais 4 ans d'experience dans ces trucs la, et que c'etait meme ma formation. Fin de la partie "technique" de l'entretien, nous avons pu parler du beau temps pendant le reste du repas (a la cantine de l'entreprise).

Des salaires qui ne suivent pas ? Il y a des boites qui te proposent systematiquement 10% de moins que ta fourchette basse. Il y en a d'autres qui ont des grilles "absolument immuables", mais qui ont tout de meme embauche quelqu'un 8% au dessus du haut de la grille. Il y en a d'autres qui essayent de proposer des salaires decents.

Tu parles de la convention collective, mais peux-tu me dire quels avantages tu as avec la convention de la metallurgie ? Dans l'informatique, les salaires sont au dessus des minimums conventionnels des deux conventions. En cas de licenciement, ce n'est pas avec 1/5 de mois de salaire par annee d'anciennete que tu vas aller loin (et oui, c'est 3/5 au dela de 7 ans, c'est a dire qu'au bout de 10 ans d'anciennete, tu pars avec (au moins) un peu plus de 3 mois de salaire....). Et si tu compares au minimum legal, a savoir 1/5ème de mois de salaire par année de présence, majorée de 2/15èmes de mois de salaire par année au-delà de 10 ans d’ancienneté, certes c'est mieux, mais bon...
Si tu te deplaces souvent, c'est vrai qu'en train tu dois etre en 1ere classe. Peut-etre le seul avantage reel, sauf que la plupart des gens ne se deplacent pas beaucoup pour motif professionnel.

Apres, j'execre les SSII et leurs methodes, mais ne crois pas que tous les recruteurs verreux travaillent en SSII et tous les gentils chez des editeurs de logiciel.
Avatar de Kearz Kearz
Membre Expert
le 21/01/2014 10:16
Je pense que si tu te dis ça, c'est mort d'avance... essaye de trouver ailleurs (j'ai bien dit trouver... souvent les clients finaux ne "chassent" pas contrairement aux SSII, il faut aller à la pêche). Gardes les SSII sous le coudes, au pire il te serviront de roue de secours (vu comme ils se servent de leurs salariés-kleenex, si on peut inverser les rôles, ça fera pas de mal...).

Aucun rapport. Je suis juste réaliste.
Je vais mettre mon CV sur Monster/Jeudi/{AutreMachin} et là, j'aurais quoi? Un dizaine de SSII au téléphone.
Je vais envoyer mon CV en direct à des groupes/PME/start-up et je vais avoir à peine 25% de réponse (je retire les réponses automatiques ). Donc si ça débouche sur 5 entretiens hors SSII + 10 entretiens en SSII, forcement tu vois de suite l'écart.

Il y a des PMEs déconnectée du marché qui pense que 25K€ c'est bien. C'est d'ailleurs pour ça que je vais aller en SSII pour avoir des propositions de salaire et m'en servir de levier.
Des start-up qui vont dire "On peut pas payer beaucoup pour le moment donc...".

Bref, c'est pas facile de tous sortir du système SSII. Après, a titre perso, je ne m'inquiète pas trop. Actuellement je suis un groupe avec une dizaine de filiales qui ont des relations de proximité avec d'autres groupes qui ont aussi beaucoup de filiales.
Je sais juste que 50% des gens que je connais (de ma promo) vont tomber dans le piège de la facilité en acceptant la première SSII venu + 25% qui vont chercher mais finiront quand même en SSII. Et ça fait le jeu des SSIIs, ils arrivent à chopper 75-80% des JD.
Donc c'est surtout une généralisation.
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