« MATLAB n'est pas une calculatrice, c'est un langage à part entière »
Retour sur la Conférence MATLAB 2013

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Le , par Gordon Fowler, Expert Confirmé Sénior
C’est la semaine dernière, dans les murs du somptueux Grand Palais au cœur de Paris, que MathWorks, l’éditeur de MATLAB et de Simulink, a organisé son grand rendez-vous avec sa communauté.

Présents, nous y avons rencontré Jos Martin (Directeur du Développement des outils de calculs parallèles et distribués) et Ascension Vizinho-Coutry (Responsable des Ingénieurs d'Applications France), tous deux évangélistes et passionnés par leurs outils.

Les points à aborder ne manquaient pas tant MATLAB et Simulink ont connu de profonds changements ces derniers mois : MATLAB Apps, le Cloud pour le HPC, ou des versions mobiles et hébergées de la plateforme.

Sans oublier de nouveaux outils d’exports et de compilation, ainsi qu’une refonte de l’interface avec un ruban, qui n’est pas sans faire penser à celui d’Office 2010, qui rend l’outil plus intuitif et qui facilite radicalement son utilisation.


Le nouveau ruban de MATLAB

Bref, une plateforme qui s’enrichit version après version, tout en se simplifiant.

Les MATLAB Apps par exemple sont similaires à des extensions packagées qui permettent aux utilisateurs de partager leurs projets ou applications. Pour Ascension Vizinho-Coutry, une des apps les plus populaires concerne par exemple le traitement d’images. L’application détecte de manière très fine les contours des formes pour créer des caches.

Depuis la version R2012b, toutes ces Apps sont réunies dans un même onglet de MATLAB pour en faciliter l’accès. Leur sélection et leur téléchargement sont également centralisés, sur une galerie en ligne hébergée sur le MATLAB Central, la plateforme communautaire de MathWorks.

« Vous pouvez créer une MATLAB App "prête à l’emploi" que d’autres peuvent utiliser dans leurs propres sessions MATLAB, résume le site. Ou bien la partager avec des personnes qui ne disposent pas de MATLAB grâce aux outils de déploiement ».


MATLAB Central, la galerie applicative de MathWorks

Les outils de déploiement et d’export justement. En HTML, pour créer en un seul clic des résumés d’un projet (et les mettre en ligne sur Internet pour les partager). Ou via MATLAB Builder et MATLAB Compiler qui génèrent - automatiquement également - des applications autonomes, des bibliothèques partagées ou des composants logiciels pour l'intégration dans C, C++, Java, .NET et Excel.

Autre virage : le Cloud. Avec la possibilité d’utiliser la puissance de serveurs distants pour accélérer les temps de calcul – de manière ponctuelle ou globale – de projets complexes. Du HPC à la demande en quelque sorte.

Le Cloud toujours, avec des versions SaaS et virtualisées des outils, qui deviennent de ce fait accessibles depuis les mobiles et les tablettes (à condition d’être connecté).


MATLAB sur Android et iOS

Pour Jos Martin et Ascension Vizinho-Coutry, toutes ces nouveautés ont un même but : rendre MATLAB encore plus populaire. Même s’il l’est déjà énormément selon les deux évangélistes.

« Il y a beaucoup d’utilisations différentes de MATLAB, en fait tous les domaines qui touchent aux matrices », explique Jos Martin. « Nous avons des utilisateurs dans la finance, dans l’embarqué, dans la conception de voiture, dans l’aéronautique, dans le traitement d’images et dans le cinéma avec les effets spéciaux, dans la robotique, confirme de son côté Ascension Vizinho-Coutry. On peut même piloter NAO avec MATLAB ! ».

Autre champ, dans la continuité de ceux cités par la Responsable des Ingénieurs d’Applications : les calculs complexes. « Aujourd’hui on parle beaucoup de Big Data, mais avec MATLAB ce défi est déjà adressé depuis plusieurs années », analyse Jos Martin.

MATLAB ne serait donc pas que ce que l’on croit. « Explorez-le en profondeur ! » invite Ascension Vizinho-Coutry. « Faites des choses folles pour voire l’étendue des possibilités de l’outil », renchérit le responsable anglais.

Pour illustrer son propos, Jos Martin se souvient d’une anecdote. Il avait lancé un concours dont l’objet était de simuler une horloge. Certains ont donc programmé une horloge… « mais un candidat a carrément simulé l’horloge, avec chacune de ses pièces, avec chaque engrenage et tous les petits mécanismes. Et elle fonctionnait ! ».

Parmi les autres projets originaux qui tordent le cou aux idées reçues, les MATLAB Apps regorgent de jeux comme Mario Bros ou des Shoot'em Up. Le dernier en date à avoir enrichi la galerie - à l’heure où nous écrivons ces lignes - est Wolfenstein 3D.

« MATLAB, ce n’est pas une calculatrice, c’est un langage à part entière », conclue Jos Martin.


Wolfenstein 3D dans MATLAB

Un langage, donc. Mais aussi un outil que chaque utilisateur n’exploiterait qu’à hauteur de 20 % de ses fonctionnalités (chaque utilisateur exploitant 20 pourcents différents - un peu, si l’on devait faire une analogie, comme la suite Office de Microsoft).

D’où ce nécessaire travail de fond entamé par les deux évangélistes et la raison d’être de la Conférence MATLAB 2013.


MATLAB Conference 2013

Aussi puissant soit-il, il n’en reste pas moins que MATLAB/Simulink suscite toujours la polémique. « Pourquoi utiliser du payant quand des alternatives libres et gratuites existent ? ». Telle est la question que les deux porte-paroles semblent avoir l’habitude de se voir poser.

« Le support », répond immédiatement le « Principal Engineer », qui nuance aussi la dichotomie qui existe entre MATLAB et ses concurrents open source. « Notre code est ouvert. Il est disponible. Si vous voulez le modifier pour l’adapter à vos besoin, vous pouvez le faire avec nos « Toolboxes » ; sans aucun coût supplémentaire ».


Mais c’est bien le support, assuré sur le long terme, qui est mis en avant par l’éditeur.

Avec à la clef, selon les deux responsables, une aide et une amélioration continue de la qualité du code (les retours de bogues sont également publics par souci de transparence) que les communautés open source des alternatives ne pourraient réaliser aussi rapidement et aussi bien que les nombreuses équipes de MathWorks.

Des communautés open source qui ne pourraient pas non plus, aujourd’hui, assurer la même pérennité que MATLAB et Simulink aux clients qui gèrent des projets critiques. « Dans l’aéronautique, vous avez envie d’être sûr que l’outil que vous utilisez pour faire votre avion sera encore là et maintenu dans 10 ans, explique par exemple Ascension, et nous, cela fait bientôt 30 ans que nous sommes là ».


« Emergency power system for a more electrical aircraft », une App pour Simulink

En ce qui concerne l’avenir, les deux ingénieurs se refusent – dans un sourire - à commenter la moindre nouveauté. Secret Défense. Ou presque, puisque la pre-release de la version R2013b de MATLAB/Simulink est disponible depuis la semaine dernière… avec une clause de confidentialité qui empêche tout testeur d’en parler.

Patience donc. La sortie officielle est prévue pour le mois de septembre.




Jos Martin et Ascension Vizinho-Coutry

Source : Reportage et entretiens Developpez.com, 11/03/2013


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Avatar de marc.collin marc.collin
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Membre éprouvé
le 19/06/2013 23:17
pour en revenir au produit opensource, il y a du support, formation, développement... pour Scilab.

Octave qui est assez près de MATLAB, langage similaire par contre je ne sais pas s'il y a du support et cie.
Avatar de mith06 mith06
http://www.developpez.com
Membre chevronné
le 20/06/2013 9:59
C'est super Matlab!!
Seulement à 10K€ une license ca fait mal!!!

Du coup j'utilise beaucoup Sclilab, que j'ai découvert à l’école est qui est largement suffisant pour ce que j'ai à faire.

Par contre je suis resté bloqué à la version 4.1.2, les version 5.x.x et + de Scilab plantent dès que je fais un plot. Il semble que ce soit un problème au niveau des pilotes de la carte graphique. AMD ne les a pas mis à jour depuis 2009...
Avatar de Jeremy_lapuree Jeremy_lapuree
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Invité de passage
le 20/06/2013 11:24
C'est sans doute la différence entre un soft gratuit et un soft a 10k€ la licence. (quoique c'est plutôt 2k€ la licence de base sur le site de MathWorks).

Enfin espérons qu'Airbus ne développe pas ses aéronefs avec un logiciel qui crashe sur un simple plot, sinon ça promet quand ils vont faire des loopings ce week end au Bourget.
Avatar de duf42 duf42
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Modérateur
le 20/06/2013 11:51
Juste pour préciser que le prix d'une licence MATLAB est effectivement 2 000€ et non pas 10 000€ comme dit précedemment (cf. Prix et licence MATLAB)
Avatar de le fab le fab
http://www.developpez.com
Modérateur
le 20/06/2013 14:01
à condition de pas prendre trop de toolbox, en particulier de toolbox de génération de code, parce que là, ca grimpe vite !
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