« Je suis content, Larry ne sourit plus »
Le fondateur de SAP pique le PDG d'Oracle, qui le traitait de fou au début du projet HANA

Le , par Gordon Fowler, Expert Confirmé Sénior
SAP a ouvert en janvier dernier une nouvelle page de son histoire. En rendant son ERP Business Suite compatible avec sa base de données et sa technologie de In-Memory Computing HANA, l’éditeur allemand a ouvert un nouveau front dans la concurrence qui l’oppose à son grand rival Oracle.

HANA est un projet lancé il y a six ans par Hassi Plattner, un des fondateurs historiques du groupe. Celui-ci, alors professeur à l’Université de Postdam, s’est demandé avec ses étudiants à quoi devrait ressembler une base de données et un ERP si on les concevait aujourd’hui « from scratch ».

Cette séance de réflexion a donné lieu à une liste d’impératifs que Hasso Plattner s’est alors attelé à réaliser.


Fier de ses travaux, l’allemand dévoila le projet en le présentant comme l’avenir de SAP et comme une arme de nouvelle génération pour gagner des parts de marché. Ce qui ne manqua pas de susciter des moqueries de la part de Larry Ellison, le PDG et créateur du concurrent Oracle, qui dans son style habituel qualifia même alors l’Allemand de « fou ».

Mais depuis janvier, force est de constater – ce dont personne ne doutait vraiment – que Hasso Plattner est un ingénieur hors pair qui n’a rien d’un rêveur halluciné. HANA existe et fonctionne.


Interrogé sur les petites phrases de Larry Elisson lors du lancement de Business Suite sur HANA , le co-créateur de SAP qui siège toujours au board de l’éditeur, s’est vu demander ce qu’il souhaiterait répondre aujourd’hui, à son confrère et concurrent.

« Nous sommes de grandes personnes. Nous avons des milliers de clients en commun », répond Hasso Plattner, diplomatique, avant de baisser la tête, comme pour mieux choisir ses mots et savourer l’instant. « D’un point de vue personnel, je ne suis pas Larry… alors je ne vais pas faire du Larry » lâche-t-il, les yeux rieurs. Avant d’en faire.

« Je ne vais pas vous mentir, je suis heureux de voir qu’il ne sourit pas », lâche alors le plus important mécène de la recherche technologique en Allemagne sous les rires de la salle. « Je sais qu’ils ont une session de travail cette semaine qui va porter sur HANA… Il faut se mettre à la place du PDG d’Oracle. Que peut-il faire d’autre ? Il voit débouler une nouveauté tellement importante. Ils vont devoir réagir. On sait qu’ils vont le faire. On s’y est déjà préparé ».


Hasso Plattner et Vishal Sikka, membre du Board et Directeur de la technologie (CTO) de SAP

Avec HANA, SAP entend réinventer les bases de données. Pour bien comprendre ce point, il faut revenir sur le fonctionnement de HANA. Cette base ne demande pas de pré-agréger les données pour les utiliser. Le logiciel traite des données brutes en direct. Le traitement étant massivement accéléré (SAP parle de « 1 000 fois plus rapide »), plus besoin d’alourdir le stockage avec des bases répliquées pour chaque usage/service différent, ni d'avoir d'index. (N.B. : il ne s’agit pas ici de duplication pour causes de sécurité en cas de sinistres).

Résultat, « une simplification massive du paysage » pour Jim Hagemann Snabe, co-PDG de SAP. « Notre problème c’est de résoudre des problèmes complexes. Pour ça, on a beaucoup ajouté de couches au fil du temps. On a beaucoup complexifié tout cela. On le sait. Mais aujourd’hui, avec HANA, on va pouvoir tout simplifier ». Une simplification dont la première des conséquences est un nombre de serveurs nécessaires qui diminue. Avec à la clef des économies.

L’avenir dira si l’entreprise arrivera à convaincre ses clients et à imposer commercialement sa technologie face à Oracle, IBM ou Microsoft. À en croire le président français de la Distribution et de l’Ecosystème de SAP, Eric Duffaut, également présent à Francfort lors de ce lancement, l’avantage concurrentiel de l’éditeur serait tel aujourd’hui qu’aucun frein – autre que celui de l’étendue des possibilités qu’ouvre HANA et qu’il faut appréhender avant toute décision financière – ne pourrait empêcher la signature de nouveaux contrats.

En attendant de voir si ces contrats grands comptes seront aussi nombreux que prévus, si HANA convaincra les développeurs (via SAP HANA Studio) et si les plus petites entreprises y trouveront une utilité (avec Business One sur HANA), Hasso Plattner a pu fêter ses 69 ans avec le sentiment du devoir accompli. Et un grand sourire malicieux de vieux sage, tout sauf fou.

Source : reportage Developpez.com, et rediffusion du lancement de Business Suite sur HANA


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Avatar de kripteks kripteks
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Membre régulier
le 26/02/2013 22:15
En gros c'est une base de donnée fonctionnant sur des ram (comme une des fonctions que propose mysql d'il y a plusieurs année avant); et ils veulent qu'on utilise nos logiciels en fonction de ce système pour en profiter maximum.

J'aimerais savoir comment ils comptent évité les pertes.

(Ps: j'ai pu mal comprendre pas trop d'info, je connaissais pas avant.)
Avatar de Pierre Louis Chevalier Pierre Louis Chevalier
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Membre Expert
le 26/02/2013 23:05
Un éditeur qui arrive à connecter un front End ERP à son serveur de base de données c'est un sacré exploit

Enfin c'est sur qu'il vaux mieux tard que jamais, et pour concurrencer Oracle qui fait déjà ça depuis 10 ans ça les rendra plus crédibles.
Avatar de rootel77 rootel77
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Membre régulier
le 27/02/2013 19:08
Citation Envoyé par kripteks  Voir le message
En gros c'est une base de donnée fonctionnant sur des ram (comme une des fonctions que propose mysql d'il y a plusieurs année avant); et ils veulent qu'on utilise nos logiciels en fonction de ce système pour en profiter maximum.

J'aimerais savoir comment ils comptent évité les pertes.

(Ps: j'ai pu mal comprendre pas trop d'info, je connaissais pas avant.)

extrait de Wikipedia sur HANA
Storage
The Persistency Layer is responsible for the durability and atomicity of transactions. It manages data and log volumes on disk and provides interfaces for writing and reading data that are leveraged by all storage engines. This layer is based on the proven persistency layer of MaxDB, SAP’s commercialized disk-centric relational database. The persistency layer ensures that the database is restored to the most recent committed state after a restart and that transactions are either completely executed or completely undone. To achieve this efficiently, it uses a combination of write-ahead logs, shadow paging, and savepoints.

Avatar de gCollin gCollin
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Invité régulier
le 28/02/2013 14:31
A l'utilisation d'Hana: Son prix!

On avait regardé ici (une grande assurance) et on a laissé tomber pour l'instant, particulièrement à cause du prix, même pour une version de test.

Une question: Cela ressemble beaucoup à Hadoop et autres. Quelle est la différence à part le prix?

Gcc
Avatar de singman singman
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Membre actif
le 05/03/2013 10:07
Comme tout logiciel ou application, au bout d'un certain temps, il faut se poser, prendre du recul, et redéfinir les fonctionnalités pour repartir de zéro.
C'est le cycle obligatoire de toute application qui veut durer.
Avatar de jsonline jsonline
http://www.developpez.com
Membre du Club
le 05/03/2013 10:14
Si on parle de in-memory, HANA est arrivé assez nettement après Qlickview.

Si on parle de décisionnel multidimensionnel, Oracle a pris une position largement dominante avec son rachat de Hyperion Essbase.

Clairement, Oracle aurait dû se lancer dans le in-memory avant SAP.
Mais bref, ils l'ont fait maintenant avec Exadata.

Aujourd'hui, on a donc : HANA et Exadata qui s'adresse plutôt au grandes entreprises. Qlickview pour les petites.

De mon point de vue, HANA ne fait pas le poids par rapport à Exadata, et va forcément perdre des parts de marché dans les grands comptes, sans en gagner sur les petits, qui resteront ou choisiront Qlickview.
Donc oui le fondateur de SAP peut se réjouir de la situation actuelle mais à moyen terme HANA ne peut que perdre son avance.
Avatar de RireSadique RireSadique
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Invité de passage
le 18/04/2013 22:26
@Pierre Louis Chevalier: Connecter un front end ERP avec une base de données n'est pas la nouveauté annoncée ici. Oracle et SAP le font déjà depuis longtemps.

@jsonline: Hana ne s'adresse pas aux PME. Je ne sais pas sur quoi vous pouvez avancer que hana ne fait pas le poids face à Exadata, alors que le principe est le même. (on sent à peine que vous êtes pro-oracle)
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