Fin du conflit entre Google et la presse belge
Vers plus de collaboration et plus de pubs, un accord difficile à transposer en France ?

Le , par Gordon Fowler, Expert Confirmé Sénior
Mise à jour du 13/12/12

Le conflit qui oppose depuis plusieurs années certains titres de presse et Google pourrait trouver une issue positive. C’est en tout cas ce que laisse apercevoir un accord signé hier entre le géant du Web – qui reprend une partie des articles dans ses Google News – et les éditeurs de presse Belges francophones.

Ceci dit, l’accord est pour le moins curieux et rien ne prouve que les éditeurs français suivront le même chemin que leurs homologues bleges. Au contraire.

D’après Google, « l’accord ne prévoit pas le paiement de redevances aux éditeurs et aux auteurs belges pour l’inclusion de leurs contenus dans nos services ». Autrement dit, Google se refuse catégoriquement à payer une dîme quelle qu'elle soit (ce que demande certains acteurs français).

En revanche, « Google et les éditeurs francophones belges s’associent désormais autour de projets innovants ». Le mot « innovant » étant un des plus galvaudés du dictionnaire, il ne dit rien de cet accord. En fait, et c’est là où les choses deviennent curieuses, l’accord stipule que Google s’engage à faire de la publicité sur ces sites… mais à une condition : que les titres utilisent ses produits publicitaires, sociaux et de conseils.

En v.o dans le texte : « Google fera la promotion de ses services dans les médias des éditeurs, tandis que les éditeurs de presse feront appel aux solutions publicitaires de Google, en particulier AdWords, pour attirer de nouveaux lecteurs ».

Pour renforcer la participation des lecteurs, les éditeurs « implémentant sur les sites d’information les outils sociaux de Google+, notamment la fonctionnalité de vidéos Hangouts, et en lançant des chaînes YouTube officielles ».

Et pour augmenter leurs revenus, ils monétiseront leurs contenus « avec des solutions publicitaires telles que les plateformes AdSense et AdExchange ».

Dernier point intéressant, quoi que peu explicité dans le communiqué officiel, Google travaillera aussi à l’élaboration de nouveaux modes de rémunérations des éditeurs de presse « via des modèles premium (paywall, abonnements) » et à l’amélioration des contenus de presse pour les tablettes et les mobiles.

Google ne se fait pas d’illusion. Il sait que cette solution passera mal en France. La faute, d’après lui, à un droit d’auteur trop rigide et inadapté au Web que les acteurs nationaux refuseraient de réformer. Contrairement à des pays comme l’Irlande, les Pays-Bas, l’Australie, le Royaume-Uni ou le Canada, « l’Allemagne et la France, réfléchissent […] à étendre la protection du droit d’auteur aux extraits d’articles de presse apparaissant dans les résultats des moteurs de recherche », regrette le géant américain. Qui souhaite, de ses propres mots, envoyer un message « au monde entier » (sic) : « nous avons bien plus à gagner en travaillant ensemble qu’en se disputant ».

Une chose est sure, le « business model » de la presse traditionnelle doit se réformer, qu’elle le veuille ou non. Et pas sûr, quoi qu’on pense par ailleurs de cet accord étrange, que faire porter à Google la responsabilité de son déclin soit la stratégie la plus pertinente pour son avenir. Ce n’est certes que notre avis, mais il est partagé par une grande majorité des acteurs 100% Web du secteur.

Source : Communiqué de Google

Et vous ?

Faut-il taxer Google News pour rémunérer les sites d’actualité ?
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Avatar de Gordon Fowler Gordon Fowler
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Expert Confirmé Sénior
le 04/02/2013 9:35
Google trouve un accord avec la presse française
Elle bénéficiera d'un fonds de 60 millions d'euros et utilisera les technologies de Google

Mise à jour du 04/02/13

La hache de guerre est enterrée entre Google et les éditeurs de presse français. Ces derniers lui reprochaient d’utiliser leurs contenus gratuitement pour générer de l’audience sur Google News.

Sur le modèle de l’accord trouvé avec les éditeurs Belges (lire par ailleurs), et sous la pression du gouvernement qui menaçait de légiférer en cas de statu quo, Google a décidé de rémunérer ces journaux en créant un fonds d’innovation pour la presse de 60 millions d’euros « pour soutenir les initiatives numériques innovantes ».

Ce qui crée de facto une distorsion de concurrence entre la presse dite traditionnelle et les acteurs 100 % web comme Developpez.

C’est Eric Schmidt, Executive Chairman de Google, qui a annoncé lui-même l’accord après une entrevue avec le Président de la République François Hollande. « Aujourd'hui, j'ai annoncé deux nouvelles initiatives visant à stimuler l'innovation et à accroître les revenus des éditeurs français. Tout d'abord, Google a décidé de créer un fonds d’innovation de 60 millions d’euros pour accompagner la presse française dans son développement numérique, au bénéfice des lecteurs français. Et Google va renforcer son partenariat avec les éditeurs français pour les aider à accroître leurs revenus en ligne en utilisant nos technologies publicitaires ».

Une solution assez curieuse puisqu’elle lie les éditeurs encore un peu plus aux solutions de Google. Comme ils s'étaient liés pieds et poings à Apple lors de la sortie de l'iPad, censée les relancer. Une incohérence de plus ?

Google rappelle par ailleurs qu'il « travaille depuis plusieurs années avec les éditeurs de presse du monde entier pour les aider à tirer le meilleur parti d’Internet » et ne peut s’empêcher de rappeler – à juste titre nous semble-t-il – que son « moteur de recherche génère des milliards de clics vers leurs sites tous les mois ».

Avec 60 millions, Google s’achète donc une tranquillité sur le sol français alors qu’il était au cœur de plusieurs polémiques, dont une sur l’évasion fiscale (ou optimisation selon les points de vue). Un point également abordé à demi-mot par Eric Schmidt qui évoque « les engagements pris en 2011 d’accroître l’investissement de Google en France ».

Une manière de répondre à ceux qui accusent l’entreprise de profiter du marché français sans contreparties suffisantes en soulignant qu’en plus d’avoir embauché (et payé des charges sociales), Google est à l’initiative de plusieurs projets comme la création d’un centre culturel à Paris.

Pas sûr que l’administration fiscale soit très réceptive à cet argument. Mais en attendant, Google s’est offert une petite bouffée d’oxygène vis-à-vis de l’administration et de la presse traditionnelle.

Mission réussie pour Eric Schmidt, donc. Pour la presse traditionnelle, c'est un autre débat.

Source : Communiqué de l’Executive Chairman de Google
Avatar de Pierre Louis Chevalier Pierre Louis Chevalier
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le 04/02/2013 18:44
Salut,

Si j'ai bien compris il ne vont pas donner 60 M, mais prendre des participations, autrement dit Google va devenir éditeur ?

60 M c'est une somme énorme pour la France, donc vraiment Google ne sait plus quoi faire de ses recettes, et va donc accroître sa puissance en devant éditeur de presse web, donc la Googlelisation du web se poursuit.
Admettons que google arrive à 50% de participation sur des médias, ce qui est plausible avec 60 M, ils remplacent la régie par la régie google.

Donc Google renvoi vers des sites qui eux mêmes vont renvoyer sur google.
Avatar de Vicvo Vicvo
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le 05/02/2013 12:37
En pleine actualité, Google et le gouvernement ont trouvé un accord (c'est mieux que de passer devant les tribunaux!): 60 000 millions d'euros...Qui ne serait pas contre!
Avatar de ManusDei ManusDei
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Expert Confirmé
le 05/02/2013 12:42
C'est 60 millions, pas 60 000 millions.
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 05/02/2013 13:33
Personne n'est contre 60 milliards non plus
Avatar de pmithrandir pmithrandir
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Expert Confirmé
le 05/02/2013 14:14
Comme j'ai vu dans un autre sujet, le principal problème, c'est le caractère unique du versement. La ou on aurait pu espérer une paiement en proportion de la consommation (compter les requêtes de google, ca ne doit pas être bien complexe) on a un paiement fixe.

Quid des journaux qui auront toujours du mal dans 1 an ?

Je trouve que finalement ca ne coute pas bien cher à google, surtout si c'est valide ad vitam eternam.

A la rigueur, j'aurai préféré un système dégressif, avec 60M maintenant, 50 l'année prochaine, 40 l'année suivante, etc...
Avatar de Jérôme_C Jérôme_C
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Membre confirmé
le 05/02/2013 19:35
Citation Envoyé par pmithrandir Voir le message
A la rigueur, j'aurai préféré un système dégressif, avec 60M maintenant, 50 l'année prochaine, 40 l'année suivante, etc...
Mais c'est dégressif, puisque c'est un one shot de 60 millions, mais réparti sur 3 ou 5 ans (ce n'est pas encore clair sur la durée).

60 M c'est une somme énorme pour la France
60 millions pour l'ensemble de la presse française, c'est énorme ?

L'INSEE nous indique que la presse française, c'est un peu moins de 10 milliards d'euros. Cette somme énorme de 60 millions, c'est donc 0.6 % du chiffre d'affaire annuel, je trouve ça énormément faible !
Avatar de Vicvo Vicvo
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le 07/02/2013 13:01
bonjour,

oui en effet, désolé pour la faute, c'est bien 60 Millions!!
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 07/02/2013 13:34
Citation Envoyé par Jérôme_C Voir le message
Mais c'est dégressif, puisque c'est un one shot de 60 millions, mais réparti sur 3 ou 5 ans (ce n'est pas encore clair sur la durée).
Euh c'est d'un coup ou bien réparti ?
Ok je viens de comprendre ... Ils sortiront pas plus de 60M et la somme sera reversé en plusieurs fois ...

Citation Envoyé par Jérôme_C Voir le message
L'INSEE nous indique que la presse française, c'est un peu moins de 10 milliards d'euros. Cette somme énorme de 60 millions, c'est donc 0.6 % du chiffre d'affaire annuel, je trouve ça énormément faible !
Et combien de résultat net ?
Avatar de Pierre Louis Chevalier Pierre Louis Chevalier
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Membre Expert
le 07/02/2013 18:26
Il y à une petite étoile en bas du contrat, ça sera 60 millions à utiliser en crédit Adsense

Je me demande si hollande s'est pas fait Engooglisé.
Avatar de Gordon Fowler Gordon Fowler
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Expert Confirmé Sénior
le 08/02/2013 9:56
Accord Google : la presse étrangère impitoyable... avec la presse française
Pour des raisons différentes

Mise à jour du 08/02/13

Après l’annonce de l’accord entre Google et la presse traditionnelle française, qui débouchera sur la création d’un fonds d’aide de 60 millions d’Euros pour aider les journaux et les magazines dans leur transition numérique, le président de la République François Hollande s’était chaudement félicité d’une « première historique ».

Outre le fait qu’il ne s’agissait absolument pas d’une première, puisque la presse Belge avait ouvert la voie en 2012, cet enthousiasme n’a visiblement pas été partagé à l’étranger.

Nous étions plus que mitigés sur cette aide – aussi bien sur son efficacité réelle que sur la méthode (lire par ailleurs) – mais les réactions de la presse étrangère sont sans commune mesure avec notre scepticisme.

Compilées dans un petit encart des Echos daté du 4 février, la presse traditionnelle française se fait tout bonnement étriller par ses homologues italiens et suscite l’incompréhension chez nos confrères anglo-saxons et américains.

Outre-Atlantique, le Wall Street Journal souligne ce que nous pointions la semaine dernière, à savoir que l’accord met Google en position de force face à une presse qui se livre pieds et poings liés en lui confiant sa publicité. « Les discussions n’ont pas été faciles [mais] l’accord pourrait aider Google à capter une part encore plus importante de la publicité en ligne du pays », écrit le quotidien financier.

Un peu plus acerbes, les britanniques y voient également une victoire d’Eric Schmidt qui, pour 60 millions d’Euros, échappe à une loi qui aurait pu réguler strictement les relations entre les référenceurs de contenus d'une part et les producteurs de contenus d'autre part. Une loi qui, si elle avait été décidée, aurait constitué une dangereuse jurisprudence pour Google.

Le Financial Times explique sur ce point que l’Allemagne, qui s’est lancée dans un tel projet de loi, est beaucoup plus ambitieuse que la France.

Mais c’est du côté transalpin, où les éditeurs italiens sont à couteaux tirés avec Google, que les pics sont les plus acérés. Pour le quotidien la Stampa, par exemple, l’accord signé à Paris légitime tout simplement le droit de Google d’exploiter les articles de presse sans débourser un seul Euro. Ni plus ni moins qu’« une défaite culturelle pour les Français, une débâcle comme à Waterloo ».

A ce niveau, on ne peut plus parler de pics. Ce sont des lances.

Source : Les Echos

Et vous ?

Comprenez-vous cet accord ?
Et la satisfaction du président de la République et de la presse traditionnelle ?
Avatar de Niark13 Niark13
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le 08/02/2013 10:35
Je trouve que les demandes de la presse française étaient complètement illégitimes. Être payés pour être référencés, c'est du délire*! Je trouve que Google a été largement magnanime pour le coup.
Avatar de gangsoleil gangsoleil
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Modérateur
le 08/02/2013 11:38
Citation Envoyé par Niark13 Voir le message
Être payés pour être référencés, c'est du délire*! Je trouve que Google a été largement magnanime pour le coup.
Je pense que tu n'as pas compris tous les tenants et aboutissants du debat : il ne s'agit pas de payer pour etre reference, mais de savoir si l'affichage d'articles de journaux aux cotes de publicites remuneratives doit profiter a ceux qui ecrivent les articles ou non.

Dans la plupart des pays, la reponse est oui (independamment de ce qu'on peut en penser, c'est bien le cas). Donc, reste a savoir comment on fait payer google (et les autres) :
soit il y a une taxe a l'affichage ou au clic, ce qui est souvent resume sous le terme de "loi google", ca fait pas mal de manque a gagner pour google, et ca rapporte enormement aux journaux.
Soit on estime une somme globale qui convienne aux parties, et on cree un fond.

C'est la seconde solution qui a ete envisagee, mais avec une somme ridicule, derisoire, humoristique. Les journaux comme le gouvernement se sont fait plumer en beaute, et ils en sont fiers...
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 08/02/2013 12:04
Citation Envoyé par gangsoleil Voir le message
savoir si l'affichage d'articles de journaux aux cotes de publicites remuneratives doit profiter a ceux qui ecrivent les articles ou non.
Ce qui me gêne dans ce concept, est-ce qu'il faut rémunérer les auteurs des pages indexés par Google ? Car je ne vois pas trop de différence entre un auteur lambda du Net et celui d'un article ?

Et pour aller plus loin, doit-on rémunérer son auteur dès lors que l'on fait référence une oeuvre ? Je parle bien ici de référence et non de copie.

Citation Envoyé par gangsoleil Voir le message
C'est la seconde solution qui a ete envisagee, mais avec une somme ridicule, derisoire, humoristique. Les journaux comme le gouvernement se sont fait plumer en beaute, et ils en sont fiers...
En plus de ça, Google va leur enseigner comment il va gagner plus d'argent grâce à eux !
Reste la question : faut-il fustiger Google de diable ou la presse d'idiote ?
C'est presque la question de qui est le coupable entre le dealer et le drogué.
Avatar de hn2k5 hn2k5
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Membre chevronné
le 08/02/2013 15:51
Les groupes de presse français sont des carpettes, des serpillières dès que vous leur faîtes gigoter un ou deux billet(s) sous le nez.
C'est pas la première fois qu'ils se couchent pour avoir leur petite perfusion.
Et après, ils osent nous sortir leurs marronniers sur les "profiteurs", les "chômeurs", qui "profitent du système"...
"Faible avec les forts, fort avec les faibles" n'a jamais été aussi vrai.

Cdlmt
Avatar de hn2k5 hn2k5
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Membre chevronné
le 08/02/2013 16:14
Qui donc peut bien penser aujourd'hui qu'une entité quelconque ait un intérêt financier à acheter une chaîne de TV ou un média écrit? Ben, personne: tout le monde sait que ce n'est absolument pas rentable, et que, même, ça coûte souvent très cher.
Je me permet de parler d'un livre que j'ai lu récemment : "Les patrons de la presse nationale : Tous mauvais" (d'où mon précédent post agressif).

Détrompez-vous sur le côté onéreux ou peu rentable des médias. Là aussi, c'est une grosse entourloupe relayée encore une fois par les médias pour faire avaler la pilule.
Un quotidien, ça permet de faire plein de trucs sympas, surtout si vous possédez une holding par exemple. En gros, de la magouille fiscale légalisée.
Il est ainsi possible de jouer sur les pertes et profits, de les répartir entre les différents médias au sein de la holding afin de payer moins d'impôts au final. On peut aussi ajouter les subventions que touche la presse, on retrouve mon coup de gueule sur les profiteurs dont on parle sans cesse dans la presse.

Ensuite, les médias sont un formidable moyen de forger les consciences comme on le souhaite, à qqs échecs près comme ça a été évoqué précédemment avec la constitution européenne.

Pourquoi les oligarques français se jetteraient-ils tous sur les grands quotidiens s'ils n'avaient aucun intérêt ? Car c'est justement le cas depuis des décennies. Regardez donc les différents propriétaires du Monde (Bergé-Pigasse-Niel...), du Point (François Pinault, holding Artemis), du Nouvel Obs (groupe Perdriel), de Libération (Rothschild entre autres), du Figaro (Dassault), etc, etc, etc. Je suis sympa, je vous fais grâce de la description du groupe Lagardère, y en a vraiment trop...

Cdlmt
Avatar de Pierre Louis Chevalier Pierre Louis Chevalier
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Membre Expert
le 08/02/2013 19:05
Citation Envoyé par Gordon Fowler Voir le message
Outre-Atlantique, le Wall Street Journal souligne ce que nous pointions la semaine dernière, à savoir que l’accord met Google en position de force face à une presse qui se livre pieds et poings liés en lui confiant sa publicité. « Les discussions n’ont pas été faciles [mais] l’accord pourrait aider Google à capter une part encore plus importante de la publicité en ligne du pays », écrit le quotidien financier...
Mais c’est du côté transalpin, où les éditeurs italiens sont à couteaux tirés avec Google, que les pics sont les plus acérés. Pour le quotidien la Stampa, par exemple, l’accord signé à Paris légitime tout simplement le droit de Google d’exploiter les articles de presse sans débourser un seul Euro. Ni plus ni moins qu’« une défaite culturelle pour les Français, une débâcle comme à Waterloo ».
C'est ça, pour résumer Google à obtenu satisfaction, et hollande s'est fait profondément engoogle-isé parce que en fin de compte les 60M d'euros vont servir à "vassaliser" la presse française, ça sera une bonne excuse pour conforter la position de monopole de Google sur le net.

Je me demande si FH à reçu sa commission habituelle de 10% sur les 60M sur son compte en Suisse.
Avatar de chiv chiv
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Rédacteur/Modérateur
le 09/02/2013 5:08
Citation Envoyé par Nemek Voir le message
Ce qui me gêne dans ce concept, est-ce qu'il faut rémunérer les auteurs des pages indexés par Google ? Car je ne vois pas trop de différence entre un auteur lambda du Net et celui d'un article ?
Pareil, je ne comprends pas du tout comment on a pu en arriver là. A ce tarif là on peut aller sonner à la porte à mountain view et réclamer des brouzoufs parce qu'ils référencent tous les articles de developpez.com et nos blogs persos.

C'est un peu incompréhensible, tous les gros sites d'informations et éditeurs de presse ont passés 10 ans à dépenser des montagnes de thunes en SEO et autre pour être référencés sur Google et maintenant ils réclament de l'argent à Google parce qu'il les référence…

De mon point de vue, c'est juste une bande de rapaces qui vont réclamer de l'argent là ou il y en a sans aucune raison valable.

Je ne suis pas vraiment un fan de google en tant qu'entreprise, très loin de là, en raison de son modèle économique et de toutes les questions habituelles de protection de la vie privé mais là pour le coup j'aurais voulu que Google leur dise juste "Ok on vous référence plus du tout, voir comment vous le vivez. Bye."
Avatar de Makireli Makireli
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Invité régulier
le 09/02/2013 8:43
Depuis cette affaire de Google Vs Presse française, je me suis sérieusement demandé: comment Google arrive à se faire du profit par rapport aux liens qu'il indexe ? Cela doit être très lucratif! Je serait bien ravi d'avoir plus d'explications.
Avatar de pmithrandir pmithrandir
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Expert Confirmé
le 09/02/2013 15:36
comment google fait du profit, c'est assez simple.

Une adresse email, un psuedo, ca ne sert pas a grand chose sur internet. A par les grands spammeurs, personne n'est interessé pour envoyer un email a 100 millions de personnes.
Ca coute cher, et personne ne répond.(ou presque)

Ce qui interesse les gens, c'est de cibler directement les 10 000 personnes interressées, et pour cela, il faut savoir les trouver.

La presse est un formidable outils pour savoir les centre d'interet des personnes. Tous les articles sont associées a des mots clefs, des centre d'interet, des idées politiques, etc...
A chaque clic, google enregistre que votre IP, votre pseudo a été interressé par la liste des mots clef associés, et sur une très longue période, il se fait une bonne idée de ce qui vous interresse.
Quand en plus google fait un pré tri pour affiner encore plus le contenu associé a votre identité numérique, comme dans google actu, en s'intereressant a 200 pages web par jours par pays, ils ont des données bien plus précises que sur les milliards de pages web en ligne.

Maintenant, on peut même imaginer que google va regarder l'ordre dans lequel vous allez cliquer sur les articles pour déceler vos priorités, voir même qu'il peut chronométrer le temps que vous allez mettre a cliquer pour déceler les mots, les titres qui vous attirent tout de suite.

Bref, en créant une plateforme, non pas de référencement comme dans le moteur de recherche, mais d'agregation de contenu(qui ne leur appartiennent pas) ils ont accés a des données bien plus précises sur les utilisateurs, et donc peuvent vendre ces données bien plus efficacement.
Avatar de Jérôme_C Jérôme_C
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Membre confirmé
le 09/02/2013 17:22
Citation Envoyé par chiv Voir le message
Pareil, je ne comprends pas du tout comment on a pu en arriver là. A ce tarif là on peut aller sonner à la porte à mountain view et réclamer des brouzoufs parce qu'ils référencent tous les articles de developpez.com et nos blogs persos.

C'est un peu incompréhensible, tous les gros sites d'informations et éditeurs de presse ont passés 10 ans à dépenser des montagnes de thunes en SEO et autre pour être référencés sur Google et maintenant ils réclament de l'argent à Google parce qu'il les référence…

De mon point de vue, c'est juste une bande de rapaces qui vont réclamer de l'argent là ou il y en a sans aucune raison valable.

Je ne suis pas vraiment un fan de google en tant qu'entreprise, très loin de là, en raison de son modèle économique et de toutes les questions habituelles de protection de la vie privé mais là pour le coup j'aurais voulu que Google leur dise juste "Ok on vous référence plus du tout, voir comment vous le vivez. Bye."
Voir à ce propos

Et puis, sur cette question de la pertinence de demander de l'argent à Google, il y a une différence entre un auteur et un éditeur.

L'auteur, crée du contenu et veut le diffuser. Il est payé par son éditeur (sa maison de production, etc).

L'éditeur, publie le contenu de l'auteur, récupère de l'argent suite à la vente, ou suite à la publication de publicité liée à l’œuvre éditée. L'éditeur paye finalement l'auteur (quand il y pense diront les mauvaises langues).

Le problème de Google, c'est qu'il fait un certain boulot d'édition (il met à la disposition du public final), il a les avantages de ce travail d'édition (il récupère de l'argent), mais il n'a pas les inconvénients (il ne paye pas l'auteur).

La différence est parfois faible entre l'entreprise qui fournit un service, et donc qui perçoit une rémunération à cet égard, et l'entreprise qui profite de ce qu'on lui donne, et donc qui doit payer pour obtenir cette chose profitable.

Ce qui est difficile, c'est quand chacun fournit quelque chose de profitable :
- Pour Google, une définition de cibles de personnes qui vont pouvoir bénéficier de publicité, ce qui est une activité suffisamment lucrative.
- Pour l'éditeur de presse (pour l'exemple ici, mais de façon plus générale, pour le fournisseur de contenu), du trafic, un public, qui pourra lui aussi être source de revenu.

Mais on a inventé l'argent pour mesurer le profit. Donc oui, quand on voit un déséquilibre financier, et qu'on ne le juge pas pertinent, on demande des compensations.
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 11/02/2013 12:32
Citation Envoyé par pmithrandir Voir le message
Bref, en créant une plateforme, non pas de référencement comme dans le moteur de recherche, mais d'agregation de contenu(qui ne leur appartiennent pas) ils ont accés a des données bien plus précises sur les utilisateurs, et donc peuvent vendre ces données bien plus efficacement.
Difficile d'évaluer la réelle valeur ajoutée. Entre ceux qui n'utilisent pas le service, ceux qui n'irait pas consulter les actualités sans ce service, ceux qui prêtent leur PC pour laisser un ami consulter ces actus, ceux qui consultent sans se synchroniser à Google (pas identifié ou pas inscrit), etc.

Citation Envoyé par Jérôme_C Voir le message
Et puis, sur cette question de la pertinence de demander de l'argent à Google, il y a une différence entre un auteur et un éditeur.
Merci d'avoir introduit cette précision importante mais qui me manquait
Néanmoins, on peut toujours généraliser avec les articles ou les billets "publiés" auprès d'un hébergeur/diffuseur (ex: Developpez.com ?)

Concernant Google actu, je ne parlerai pas d’agrégation de contenus mais d'extrait ... Puisque que pour profiter de l'oeuvre (le contenu), il faut toujours aller voir son éditeur.
Avatar de ManusDei ManusDei
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Expert Confirmé
le 11/02/2013 14:01
Citation Envoyé par Nemek Voir le message
Difficile d'évaluer la réelle valeur ajoutée. Entre ceux qui n'utilisent pas le service, ceux qui n'irait pas consulter les actualités sans ce service, ceux qui prêtent leur PC pour laisser un ami consulter ces actus, ceux qui consultent sans se synchroniser à Google (pas identifié ou pas inscrit), etc.
L'adresse IP et la localisation (et l'horaire) permettent de faire pas mal de recoupements. On peut prêter le PC à un ami, mais à moins de le lui prêter régulièrement ça peut être enlevé comme une "anomalie".

Sur la valeur ajoutée... Google gagne des milliards avec la pub, donc qu'importe la valeur ajoutée réelle ?
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 11/02/2013 16:54
Citation Envoyé par ManusDei Voir le message
L'adresse IP et la localisation (et l'horaire) permettent de faire pas mal de recoupements. On peut prêter le PC à un ami, mais à moins de le lui prêter régulièrement ça peut être enlevé comme une "anomalie".
Et quid des réseaux d'entreprise et autres proxys ?

Citation Envoyé par ManusDei Voir le message
Sur la valeur ajoutée... Google gagne des milliards avec la pub, donc qu'importe la valeur ajoutée réelle ?
Si, puisqu'ici on parle de partager les revenus avec les éditeurs. Donc il est nécessaire d'évaluer le gain de la valeur d'un "profile" lorsque Google le complète avec les données issues de l'utilisation de Google actus.

Sachant que chaque clic n'a pas nécessairement une valeur ajoutée pour Google. Par exemple, si je prends mon cas, je cherche une actu sur un sujet et j'ouvre les dix premiers liens sans réfléchir. On ne peut pas rémunérer l'éditeur pour chaque clic au titre que ce clic apporte une valeur ajoutée pour Google. De même, une fois le profile établi, chaque clic n'apporte plus aucune information à Google, et donc n'apporte pas de valeur.
Avatar de pmithrandir pmithrandir
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Expert Confirmé
le 11/02/2013 17:26
si je me souviens bien, un utilisateur de base google c'est 8$.
Un utilisateur google actu c'est 50$

C'est ce niveau de précision qu'on obtient...
Avatar de ManusDei ManusDei
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Expert Confirmé
le 12/02/2013 9:15
Citation Envoyé par Nemek Voir le message
Et quid des réseaux d'entreprise et autres proxys ?
Ca rajoute un profil de plus. Les bandeaux de pub que je vois ne sont pas les mêmes que ceux de mes collègues, et sont régulièrement ciblés selon mes dernières recherches.

Et si je me connecte régulièrement à mon gmail, j'imagine qu'ils sauront faire le rapprochement.
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme
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Chroniqueur Actualités
le 07/11/2014 9:22
Le parlement espagnol approuve la « taxe Google »,
Mountain View pourrait verser une compensation aux éditeurs de presse dès lors qu’un contenu sera repris

Le parlement espagnol a promulgué une nouvelle loi la semaine dernière sur la propriété intellectuelle qui autorise les éditeurs de presse à demander une rétribution aux agrégateurs de contenu (comme Google Actualités ou Yahoo! Actualités ) chaque fois qu’ils affichent un de leurs articles. Il s’agit en réalité d’une réforme sur la loi sur la propriété intellectuelle. Le texte, adopté par 172 voix pour, 144 contre et 3 abstentions, entrera en application le 1er janvier 2015 et imposera par exemple à Google de verser une compensation aux éditeurs de presse dès lors qu’un contenu sera repris, qu’il s’agisse d’un lien, d’un texte ou même d’une image.

La filiale espagnole de Google avait pourtant menacé de fermer sa page si la réforme était ratifiée, cependant le parlement espagnol a approuvé cette mesure dans un vote. Rappelons qu’en Allemagne où une réforme similaire a été introduite en 2013, Google a dû retirer du matériel protégé des résultats représentés l'organisme de l'industrie des médias VG Media. Cependant, ils ont fait marche arrière sur cette réforme et a accordé Google une licence gratuite pour continuer à afficher ce contenu.

En France, l'année dernière Google a accepté d'aider les éditeurs de presse à accroître les revenus de la publicité en ligne et également à financer les innovations de l'édition numérique pour régler un différend qui suscitait la question de savoir s’il était plus pertinent de faire payer Mountain View pour le contenu des articles de presse dans ses résultats de recherche. D’ailleurs, les représentants de Google avançaient « qu’exiger de Google une rémunération au motif que son moteur de recherche dirige des lecteurs vers les sites de presse n’a pas plus de sens que d’exiger d’un chauffeur de taxi qui conduirait un client à un restaurant de rémunérer ce restaurant au motif qui lui amène un client. »

« Nous sommes déçus par cette nouvelle loi parce que nous pensons que des services comme Google Actualités aident des éditeurs à apporter du trafic à leurs sites web. Dans l’avenir, nous continuerons de travailler avec les éditeurs espagnols afin de les aider à accroître leurs revenus pendant que nous examinerons nos options à la lumière de cette réglementation » a déclaré le porte-parole de Google en Espagne.

Notons quand même que la loi qui est déjà surnommée « taxe Google » est attaquable puisque la jurisprudence de la Cours de Justice Européenne a considéré que l’établissement d’un lien vers un contenu librement disponible et autorisé par les titulaires de droits n’est au final pas soumis au droit d’auteur. Pourtant, l’article 32.2 de cette réforme indique dans sa substance que l’établissement de liens n’est pas soumis à autorisation si en contrepartie, les agrégateurs versent aux éditeurs une compensation.

Source : The Local

Et vous ?

Que pensez-vous d'une telle sanction ? L'Espagne gagnerait-elle à s'inspirer de ses voisins ?
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
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Rédacteur/Modérateur
le 07/11/2014 15:06
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Que pensez-vous d'une telle sanction ? L'Espagne gagnerait-elle à s'inspirer de ses voisins ?
Google va calculer combien lui rapporte l’agrégation (enfin même s'ils savent surement déjà) des articles espagnols et le comparer au coût de la sanction. La page disparaîtra ou pas face à ce résultat.

Ceci dit je pense que Google va surement négocier avec chaque éditeur. Ce système est gagnant-gagnant je pense. Les éditeurs n'ont pas intérêt à ce que les agrégateurs de News disparaissent.

En revanche, ce sont les "petits" agrégateurs qui risquent de tirer la tronche car ils n'auront surement pas les moyens de négocier (ou si peu). Au final, j'ai le vague sentiment que ca ne changera rien pour les autres ...
Avatar de rawsrc rawsrc
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Modérateur
le 07/11/2014 16:44
Bon, c'est cuit pour les petits.

Et la puissance de Google est telle qu'il suffit de lire plus en détails ce qui est arrivé au mastodonte de l'édition allemande Springer (membre du groupement VG Media) : éditeur ayant engagé ouvertement un bras de fer avec le géant de Mountain View : dès la désindexation des articles enclenchée, chute de 40 % du trafic sur les différents sites d'infos.

Et je rappelle que -40% de trafic = marche arrière toute...

Citation Envoyé par Logan Mauzaize Voir le message
Ceci dit je pense que Google va surement négocier avec chaque éditeur.
J'en doute ou ils négocieront à un montant proche de zéro.
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize
http://www.developpez.com
Rédacteur/Modérateur
le 07/11/2014 17:07
Citation Envoyé par rawsrc Voir le message
J'en doute ou ils négocieront à un montant proche de zéro.
Si ces informations sont exactes (au moins dans l'idée) :
Citation Envoyé par pmithrandir Voir le message
un utilisateur de base google c'est 8$. Un utilisateur google actu c'est 50$
Tant que cela ne se généralise pas, pas de problèmes pour Google et encore ! C'est perdre de la valeur sur tous les "lecteurs" hispanophone. Et avec un peu de chance, ca rentre dans les caisses de Google Espagne (ou Irlande ?).

Ce qui me fait penser que ca rentre donc en partie dans les caisses de l'état (et de l'Europe). Qu'il me semble sont plutôt vide en ce moment. Donc les gouvernements n'y trouvent pas leur intérêt non plus.

En revanche, si l'idée se globalise, Google sera bien obligée de négocier. Surtout que les éditeurs sont relativement globaux (le même groupe pour différents pays). Je pense ?
Avatar de gangsoleil gangsoleil
http://www.developpez.com
Modérateur
le 07/11/2014 18:45
Bonjour,

Si les éditeurs se mettaient tous d'un côté de la table, et google de l'aute côté, oui ça bougerait. Mais comme ils font chacun leur truc dans leur coin, et se disent content dès que Google lâche 3 sous (ce qui s'est passé en France), ils vont encore de faire enfiler, et dans quelques années, ils reviendront gueuler que la vie est trop injuste.
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