SAPPHIRE 2012 : l'informatique à un tournant majeur ?
SAP voit une révolution de l'IT professionnelle avec le Big Data, HANA et le Cloud

Le , par Gordon Fowler, Expert Confirmé Sénior
Au détour des allées du SAPPHIRE 2012, la grand messe annuelle de SAP qui se tient actuellement à Madrid, deux démonstrations sortent du lot.

La première vient de McLaren. Bien connue des amateurs de Formule 1, l'entreprise est une grande utilisatrice des solutions de SAP.

Pour son « showcase », les équipes du constructeur automobile ont collecté des données de course de l'épreuve de Monza 2010 et les ont compilées pour reproduire in vivo la course de leurs deux pilotes. Cette simulation sert ensuite de base pour réaliser une analyse en temps réel.

Une variante présentée sur le stand utilise le jeu Formula 1 sur PlayStation.

Dans les deux cas, les données de la course sont exportées via un connecteur SAP vers HANA, la base de données in-memory de l'éditeur allemand. Le but est de générer en temps réel un diagnostic sur toutes les composantes des monoplaces (échauffement des suspensions, anomalie mécanique, etc.).


L'analyse temps réel est déjà répandue au sein des paddocks de la FIA. Mais d'après le porte-parole de MacLaren, HANA permettra de compiler beaucoup plus d'informations et de manière beaucoup plus pertinente dans un secteur où le millième de seconde et le dixième de centimètre comptent.

Il s'agit certes d'une démonstration fictive, mais le constructeur confirme que son déploiement de HANA est acté et désormais officiel.


Le deuxième « showcase » - fictif mais instructif – concerne la consommation éléctrique des immeubles de Manhattan.

Dans cet exemple de Big Data, SAP HANA enregistre, traite, modélise et archive – le tout simultanément – les Kwh consommés par chaque bâtiment du centre de New York.

La première représentation générée est une carte avec différentes couleurs en fonction du niveau écologique des immeubles. Cette illustration est commandée depuis une tablette qui permet de remonter dans le temps ou de zommer sur une partie de la carte.


La deuxième représentation est une vue 3D – qui nécessite des lunettes pour la voir. Cette modélisation originale ajoute, pour chaque bâtiment ou quartier, des informations telles que l'heure et la météo (facteurs qui jouent sur la consommation), le nombre de blocks dans la zone de la ville sélectionnée ou un historique sous forme de graphique.


L'exemple est fictif mais pas à cause de la base de données. Pour réaliser une telle analyse temps réel, il faudrait en effet que tout Manhattan soit équipé de capteurs électriques connectés pour former un Smart Grid vraiment intelligent (comme le projet de compteur Lynky d'ERDF en France).

Mais pour SAP, l'essentiel de cette démo n'est pas là. Il s'agit avant tout de montrer les énormes capacités de HANA. Et de souligner les changements dans les possibilités de l'informatique d'entreprise.

Le responsable de cette présentation explique par exemple qu'en la voyant, un utilisateur qui travaille dans le transport aérien de marchandises a eu l'idée de totalement refondre son système de suivi – aussi bien pour tracer les biens que pour évaluer l'état de son matériel de manière proactive.

Autrement dit, le Big Data - jumelé à la possibilité de garder les données brutes et de les traiter en temps réel – ouvrirait des champs d'application totalement inimaginables jusque-là.

Didier MAMA, Directeur des Activités Données et Technologies chez SAP France, va plus loin. Pour lui, le changement est un changement de paradigme. Et la difficulté à appréhender ses conséquences peut être comparée – toute proportion gardée - « au passage de la physique des années 20 à la physique quantique. Les scientifiques des années 20 étaient tout sauf bêtes, mais ils n'ont pas compris la quantique ».

Et beaucoup ont remis en cause cette découverte et son intérêt. La situation pourrait être la même avec les bases de données in-memory, dont celle de SAP. Le changement serait tellement radical qu'il inviterait - voire forcerait avec le jeu de la concurrence - à ré-imaginer les métiers. Surtout quand on retire la barrière à l'entrée du coût (très) important des appliances HANA en mettant directement la base dans le Cloud. Fusse-t-il privé.


Didier MAMA verrait par exemple bien une utilisation de ce couple de technologies (HANA plus Cloud) par les compagnies aériennes qui doivent échanger en permanence d'énormes quantités de données complexes (aussi bien techniques, que financières ou commerciales) au sein d'alliances du type SkyTeam.

Avec à la clef des gains qu'il pense pouvoir être considérables en termes d'efficacité, de coûts et de pertinence, aussi bien pour les entreprises que pour les clients.

Il ne s'agit que d'un exemple – lui aussi fictif (bien qu'Air France soit actuellement un grand consommateur de solutions SAP) – mais il vient appuyer l'analyse claire et sans détour de plusieurs porte-paroles de l'éditeur : l'informatique professionnelle serait à un tournant historique majeur.

Ce qui ne devrait pas être sans impact sur les attributions des fonctions SI et sur les compétences des développeurs.

Source : Entretiens SAPPHIRE 2012


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Avatar de Kenaryn Kenaryn
http://www.developpez.com
Membre éclairé
le 14/11/2012 12:49
Bonjour,

Merci pour l'article, mais comme dit l'auteur, il s'agit d'une "messe", et SAP court après le sensationnalisme pour générer et entretenir le buzz.

Rien de révolutionnaire en soi =)
Avatar de jsonline jsonline
http://www.developpez.com
Membre du Club
le 22/11/2012 15:25
Pour le cloud, le développement sera forcément important dans les prochaines années. Pas étonnant que SAP veuille en être.

Pour le in-memory, je pense que la technologie n'a pas eu l’accueil qu'elle aurait pu avoir. Je pense qu'une des erreurs commises dans le cas de Quickview, le précurseur de cette technologie, a été de vouloir contourner les services informatiques en allant directement aux utilisateurs des entreprises de taille moyenne. Je pense que, même si c'était une relative réussite à court terme, c'est forcément préjudiciable à l'image de la technologie sur le moyen/long terme.
Le in-memory est une technologie performante mais assez chère quand on monte en volumétrie ou en nombre d'utilisateurs.

Pour le big data, comme son nom l'indique, cela reste, et restera encore assez longtemps pour les très grosses sociétés.
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