Duqu mute et frappe en Iran et au Soudan
Kaspersky Lab décortique le ver, mais ses liens avec Stuxnet restent incertains

Le , par Gordon Fowler, Chroniqueur Actualités
Mise à jour du 3 novembre 2011 par Idelways

Le ver extrêmement sophistiqué Duqu gagne du terrain et touche à présent (au moins) huit pays, dont la France et la Suisse.

C'est ce qui vient d'affirmer le spécialiste des solutions de sécurité Symantec, qui en sait désormais plus sur les voies empruntées par le Trojan pour se répandre et s'installer, sans pour autant arriver à cerner toute l'ampleur de la menace.

Des fichiers Word infectés, conçus par les cybercriminels, exploitent une faille Zero-day du noyau de Windows qui permet l'exécution du code et l'installation des binaires de Duqu. Symantec ne liste pas les versions de Windows concernées, mais précise que Microsoft travaille diligemment pour sortir un correctif et un bulletin de sécurité.

Mais ce n'est d'après Symantec que l'une des nombreuses formes d'attaques utilisées pour infecter les ordinateurs.

D'autres découvertes ont conduit à la fermeture d'un nouveau centre de contrôle et de commande localisé en Belgique. Les attaquants seraient par ailleurs « capables de répandre Duqu dans les ordinateurs des zones non sécurisées et les contrôler à travers un protocole de contrôle et de commande en peer-to-peer », affirme Symantec.

Il convient de préciser que le mérite d'une grande partie de ces avancées de recherche revient à la collaboration de Symantec avec CrySyS Labs, la petite firme de sécurité qui a découvert Duqu (lire ci-devant) et a préféré confier sa divulgation à Symantec par peur de représailles.

Les deux entreprises ne proposent pour le moment aucune parade pour éviter la contamination de son ordinateur.


Flux de l'infection par Duqu

Source : Symantec

Duqu mute et frappe en Iran et au Soudan
Kaspersky Lab décortique le ver, mais ses liens avec Stuxnet restent incertains

Mise à jour du 27 octobre 2011 par Idelways

Duqu, le trojan extrêmement sophistiqué découvert la semaine passée, livre ses premiers secrets.

Plusieurs souches différents ont frappé le Soudan, puis l'Iran, cible principale de son prédécesseur supposé Stuxnet. Mais le lien entre les concepteurs des deux menaces reste incertain, bien que les vers partagent des fonctionnalités, et vraisemblablement du code.

Cette fois c'est Kaspersky Lab qui a identifié ces infections et décrit Duqu comme « un framework multifonctionnel capable de fonctionner avec tout nombre de tous modules. Duqu est hautement personnalisable et universel », affirme l'expert Alexander Gostev.

La structure du Trojan est répartie en plusieurs modules.
Le premier embarque trois composants : un noyau « Driver » qui injecte une librairie aux processus du système. Cette même DLL gère à la fois les opérations systèmes (écritures dans le registre, exécution de fichiers...) et la communication avec les serveurs de contrôle et de commande. On y retrouve aussi un fichier de configuration .PNF.

Le second module est celui de la frappe. Il se spécialise dans le détournement d'informations confidentielles, et l'ouverture de brèches pour la prise de contrôle à distance.

Le module original contenait un Keylogger qu'aucune trace ne permet de retrouver sur ces différentes attaques, affirme Kaspersky. Il a donc soit été soigneusement chiffré ou changé, Duqu affiche en tout cas ses capacités de changer de serveur de contrôle et d'installer à tout moment de nouveaux composants.

Il montre ainsi de grandes aptitudes de mutation et d'auto mise à jour. Sur les quatre découverts en Iran, un incident met en jeux deux ordinateurs du même réseau, contenant deux drivers différents.



Le moyen qui permet à Duqu d'infiltrer les systèmes reste inconnu, mais l'audit des différents réseaux cibles devrait permettre d'en savoir plus.

Les similitudes techniques et stratégiques entre Stuxnet et Duqu restent tout de même assez limitées. Ils ne partagent qu'un seul composant, le driver qui permet de décrypter et charger des fichiers chiffrés pour infecter les ordinateurs. Un module qui agit comme un « moteur d'injection ».

Les deux noyaux exploitent des techniques de dissimulation similaire, mais ce n'est pas suffisant pour prouver qu'ils sont liés, estiment les chercheurs. Du reste, la nouvelle menace ne cible pour le moment aucune structure stratégique, comme des centrales nucléaires...

Source : Kaspersky Lab, premier rapport de Kaspersky Lab

Et vous ?

Que pensez-vous de ces détails ?
Les deux Trojans sont-ils d'après vous liés ?
Qui serait derrière cette nouvelle menace ?

Symantec pense avoir repéré un nouveau Stuxnet
Le code malicieux particulièrement sophistiqué pourrait avoir été développé par une agence de renseignement

Les concepteurs de Stuxnet, le ver extrêmement complexe à l'origine toujours aussi mystérieuse qui avait infecté les installations nucléaires iraniennes, auraient repris du service.

C'est ce qu'affirme Symantec, repris par le New-York Times. Baptisé Duqu par les chercheurs de l'éditeur de produits de sécurité, le nouveau malware aurait pour unique objectif de voler des documents qui permettraient ensuite d'infiltrer des infrastructures très ciblées, comme celles produisant des outils de contrôles industriels.

Duqu utilise un certificat d'authenticité volé, émis à l'origine par une société Taïwanaise. Il exploite également toute une gamme de vulnérabilités. Et une fois installé, le malware sévit pendant exactement 36 jours, avant de se désinstaller automatiquement.

Cette description fait effectivement beaucoup penser à son prédécesseur. Pour Symantec, ses développeurs ont d'ailleurs obligatoirement dû avoir accès au code source de Stuxnet.

Les laboratoires de Symantec ne sont pas à l'origine de la découverte de Duqu. Le malware a été repéré par une organisation qui l'a ensuite porté à la connaissance de l'éditeur pour qu'il puisse l'analyser dans le détail. Symantec refuse d'indiquer sa source pour la protéger, mais qualifie Duqu de particulièrement sophistiqué. Un adjectif déjà appliqué à Stuxnet.

Pour le porte-parole de Symantec, une telle complexité dans un code malicieux laisse penser que seul une « agence nationale » (comprendre « de renseignements ») aurait suffisamment de ressources pour le créer. Il n'a cependant aucun élément concret pour prouver formellement son hypothèse.

Depuis la publication du billet technique ce mardi, Symantec aurait déjà repéré plusieurs variantes de Duqu. Le malware, pour sa part, n'aurait « à ce jour été repéré que dans une poignée d'organisations », a priori européennes selon le New York Times.

Source : New York Times, Symantec


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Avatar de baxou087 baxou087
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Membre habitué
le 27/10/2011 15:34
Citation Envoyé par abriotde  Voir le message
- soit par un grand groupe amateurs. C'est le cas des projets open-source et de certains malware. Dans ce cas là, le code source circule. Ce cas est donc à exclure. La diffusion est trop large pour être secrète.

Je ne suis pas d'accord, il est possible de cacher des secrets en les exposant à la vue de tous. D'ailleurs ceux-là sont particulièrement difficiles à trouver.

Citation Envoyé par abriotde  Voir le message
- soit par une grosse organisation à but lucratifs. C'est le cas des OS Microsoft, Apple et d'organisations mafieuse. Mais il doit y avoir un retour sur investissement important ce qui est loin d'être le cas. Ce vers est trop spécifique.

Qu'est-ce qui te dit que le "retour sur investissement" n'est pas important? Si ce ver est aussi spécifique, ne penses-tu pas que c'est justement parce qu'il doit rechercher quelque chose qui a beaucoup de valeur pour les créateurs/investisseurs?

Citation Envoyé par abriotde  Voir le message
- soit par une organisation idéologique ou étatique avec de gros moyen. C'est le cas des agence de renseignements de pays et de l'organisation Al Quaïda. Il n'y a qu'a regarder qui est la victime cible pour discerner. Si la victime est occidental, on cherchera côté oriental (AlQuaïda éventulement) et vice versa. Si la victime est universel, on cherchera plutôt du côté Al Quaïda...

Point Godwin!?
Avatar de dlandelle dlandelle
http://www.developpez.com

le 02/11/2011 10:55
Les auteurs de ce vers, si tant est qu'il soit aussi balaise que vendu par les spécialistes, sont forcément très proches de Microsoft.

Dans le virus comme dans le reste du logiciel, la connivence avec Microsoft qui fabrique les chausses trappes et à la documentation laconique, incomplète ou fausse est une aide précieuse

Pour mémoire rappelons nous du rootkit présent sur les CDAUDIO de SONY, il fallait être initié par Microsoft pour concevoir un tel prodige (débusqué par osronline à l'époque).

Microsoft n'assume pas la responsabilité de concevoir des OS munis de nombreuses failles, intentionnalité ou incompétence, peu importe.
Avatar de Idelways Idelways
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Expert Confirmé Sénior
le 03/11/2011 19:02
Duqu : la France et la Suisse contaminées
Le ver exploite une vulnérabilité Zero-day et les protocoles peer-to-peer d'après Symantec

Mise à jour du 3 novembre 2011 par Idelways

Le ver extrêmement sophistiqué Duqu gagne du terrain et touche à présent (au moins) huit pays, dont la France et la Suisse.

C'est ce qui vient d'affirmer le spécialiste des solutions de sécurité Symantec, qui en sait désormais plus sur les voies empruntées par le Trojan pour se répandre et s'installer, sans pour autant arriver à cerner toute l'ampleur de la menace.

Des fichiers Word infectés, conçus par les cybercriminels, exploitent une faille Zero-day du noyau de Windows qui permet l'exécution du code et l'installation des binaires de Duqu. Symantec ne liste pas les versions de Windows concernées, mais précise que Microsoft travaille diligemment pour sortir un correctif et un bulletin de sécurité.

Mais ce n'est d'après Symantec que l'une des nombreuses formes d'attaques utilisées pour infecter les ordinateurs.

D'autres découvertes ont conduit à la fermeture d'un nouveau centre de contrôle et de commande localisé en Belgique. Les attaquants seraient par ailleurs « capables de répandre Duqu dans les ordinateurs des zones non sécurisées et les contrôler à travers un protocole de contrôle et de commande en peer-to-peer », affirme Symantec.

Il convient de préciser que le mérite d'une grande partie de ces avancées de recherche revient à la collaboration de Symantec avec CrySyS Labs, la petite firme de sécurité qui a découvert Duqu (lire ci-devant) et a préféré confier sa divulgation à Symantec par peur de représailles.

Les deux entreprises ne proposent pour le moment aucune parade pour éviter la contamination de son ordinateur.


Flux de l'infection par Duqu

Source : Symantec
Avatar de SurferIX SurferIX
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Membre émérite
le 03/11/2011 19:11
<troll>
Ils n'ont qu'à être sous Linux. Sisi c'est une réponse constructive : Linux n'a pas de virus et cet article n'aurait pas lieu d'exister si tout le monde était sous Linux. Même chose avec une autre firme dont l'éthique me dégoûte c'est pour ça que je ne la citerai pas
</troll>
Avatar de Robin56 Robin56
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Modérateur
le 03/11/2011 20:13
@SurferIX : Eh bien heureusement que tu t'auto <troll> toi.

Moi ce qui m'intrigue là dedans c'est comment ont-ils pensé à ce nom ?
Avatar de pcdwarf pcdwarf
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Membre confirmé
le 04/11/2011 11:43
Je ne voudrais pas nourrir le troll mais on est bien obligé de constater que windows reste quand même très vulnérable, en grande partie par sa tendance à exécuter automatiquement des programmes à l'insu de l'utilisateur pour lui "simplifier la vie".
Par ailleurs, de part sa conception très complexe, un système windows compromis est souvent difficile à récupérer. Quelques monstruosités comme les ADS se prètent particulièrement bien à la dissimulation de virus et complexifient largement leur éradication. Par ailleurs, modifier la base de registres depuis un liveCD est quand même une entreprise difficile alors que coté linux/unix, éditer des fichier de configuration est à la porté de n'importe quel éditeur texte.

Contrairement à ce qui a été dit, linux a des failles et même des grosses. J'ai déjà testé quelques exploits à faire pâlir... Simplement il est quand même plus rare de parvenir à exécuter du code sans action de l'utilisateur et encore plus rare de parvenir à devenir root sans entrer le mot de passe.

La plus grosse faille reste encore et toujours l'utilisateur. En général, plus le système est "User Friendly", plus il est vulnérable.

Voila pour le troll.

Maintenant ce qui m'intéresse, c'est le fonctionnement de ces saletés, admettons que word ait une vulnérabilité permettant d'exécuter du code. Ca peut toujours arriver, même aux meilleurs codeurs, et l'important c'est plus d'arriver à limiter la casse quand ça arrive que d'empêcher à tout prix que ça arrive. Admettons, disais-je que word ait une vulnérabilité permettant d'exécuter du code, comment le dit code arrive-t-il à s'installer si le compte utilisateur est limité comme ce devrait systématiquement être le cas ou sans déclancher l'UAC sur le vista et 7 ?
Il y aurait donc au moins 2 failles successives ? Une dans le programme et une autre dans le bac à sable où il est sensé tourner ? (Je ne voit strictement aucune raison valable pour laquelle un traitement de texte aurait besoin de privilèges)

Maintenant, si tout repose sur le fait que les utilisateurs sont admin de leur poste et cliquent OK quand ils ont un message d'avertissement, c'est plus un PEBKAC qu'autre chose....
Avatar de Elendhil Elendhil
http://www.developpez.com
Membre éclairé
le 05/11/2011 16:03
Maintenant, si tout repose sur le fait que les utilisateurs sont admin de leur poste et cliquent OK quand ils ont un message d'avertissement, c'est plus un PEBKAC qu'autre chose....

Windows XP existe toujours avec plus de 30% de part de marché et dans les services publiques xp est omniprésent. Même quand un professionnel installe XP sur un pc d'un particulier, il y aura un seul compte en admin et sans login. C'est volontaire tout simplement si tu fais pas ça bcp de gens ne seront pas capable d'installer de nouveaux logiciels.
Avatar de VassR VassR
http://www.developpez.com
Candidat au titre de Membre du Club
le 07/11/2011 17:08
Linux n'a pas de virus

Vu le pourcentage d'utilisateurs de Linux, tu m'étonnes .
Avatar de pcdwarf pcdwarf
http://www.developpez.com
Membre confirmé
le 09/11/2011 21:15
Linux n'a pas de virus

Oh que si !
Je suis un fervent linuxien, simplement il me parait essentiel de rester lucide sur les limitations de son OS.

Simplement ce ne sont généralement pas les même types de virus que sous windows. Ce sont plutot des espions/backdoor conçus pour rester discrets et pas des trucs qui prennent tout le CPU en en balançant des popups de pub dans tous les coins. Niveau discrétion, certains sont même horriblement astucieux. Il y a quelques années j'ai eu un troyen qui remplaçait tout les outils de base comme ps, et ls pour masquer sa présence. même md5sum ne renvoyait pas les vrais hashs.
Je m'en suis rendu compte par chance, en cherchant pourquoi ma commande ls se mettait subitement à appeler des fonction dépréciées de la libc qui faisaient des warning.

Pour en revenir à duqu, et autres saloperies du genre, je ne comprends toujours pas le mode d'infection, en particulier l'étape numero 5 du schéma.
J'ai déjà vu des trucs qui ont réussi à s'installer en tant que service à partir d'une session d'utilisateur limité. (sous winXP) le tout avec kill automatique d'outils comme procxp ou hijackthis. Je n'ai pas eu d'autre choix que de réinstaller l'OS.
Avatar de Gluups Gluups
http://www.developpez.com
Membre régulier
le 13/11/2011 15:08
Citation Envoyé par Robin56  Voir le message
@SurferIX : Eh bien heureusement que tu t'auto <troll> toi.

Moi ce qui m'intrigue là dedans c'est comment ont-ils pensé à ce nom ?

çà, il faut reconnaître que pour un logiciel censé exploiter des trous de sécurité, ils ont fait fort
Avatar de Gluups Gluups
http://www.developpez.com
Membre régulier
le 13/11/2011 15:16
Citation Envoyé par pcdwarf  Voir le message
Maintenant, si tout repose sur le fait que les utilisateurs sont admin de leur poste et cliquent OK quand ils ont un message d'avertissement, c'est plus un PEBKAC qu'autre chose....

Effectivement. Le bon sens voudrait qu'un salarié digne de confiance (pour l'utilisation de l'informatique) dispose de deux comptes sur sa machine, un pour installer les logiciels, l'autre pour les utiliser.

Jamais vu pratiquer ça.
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