Facebook ficherait aussi ceux qui ne l'utilisent pas
Et n'efface jamais rien : le réseau social serait en totale violation du droit européen

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Le , par Gordon Fowler, Chroniqueur Actualités
On s'en doutait, Facebook n'efface jamais rien. Ce que l'on ne savait pas, en revanche, c'est que le réseau social constituerait également des fiches sur les personnes qui ne sont pas inscrites au service.

Cette confirmation et cette révélation ont toutes deux été faites par Max Schrems, un étudiant en droit, qui a eu l'idée d'appliquer la directive 95/46/CE du droit européen qui garantit à tout citoyen européen l’accès à l’ensemble des données qui le concerne.

La chose n'a pas été simple car comme le rapporte Libération, le formulaire est très bien caché et Facebook ne met pas de bonne volonté pour accéder à la demande.

Après des relances, Max Schrems obtient finalement un CD-ROM avec un PDF de... 1.222 pages.

Et là, surprise.

Tout y est, et même plus. Amis, contacts refusés, adresse(s) mail(s), invitations, réponses aux invitations (ou absence de réponses), date d'inscription et de mises en contact entre membres, liens partagés, etc.

Mais ce n'est pas tout. Comme le note Libération : « Les messages sont sans doute l’aspect le plus scandaleux du dossier. [...] Le bouton « Supprimer » n’a qu’une fonction cosmétique ». Idem pour les messages sur les murs ou les tags des photos, qui même effacés restent sur les serveurs de Facebook.

Mais il y a pire. Max Schrems remarque que son dossier contient une rubrique Machine. « Facebook place un fichier “cookie” sur chaque ordinateur qui se connecte au site. […] Ils ont une liste complète des ordinateurs qu’une personne a utilisés pour aller sur Facebook », déclare-t-il. Et inversement, le réseau possède également « une liste de toutes les personnes ayant utilisé un même ordinateur pour aller sur Facebook ». Ce qui, répété, est un indice de proximité exploitable par Facebook. D'autant plus que les connexions au service sont elles aussi toutes enregistrées et géolocalisées.

Mais il y a encore pire.

Facebook constituerait des « shadow profiles », des profils de personnes non-inscrites. Comment ? En utilisant les invitations aux événements (qui nécessitent d'entrer une adresse mail si la personne invitée n'est pas inscrite), la recherche d'amis automatique (Facebook scanne alors votre messagerie, et garderait toutes les informations qu'il y trouve pour ensuite les agréger et les recouper) ou la synchronisation des mobiles ou du carnet d'adresse.

Pour Max Schrems, Facebook est en totale violation du droit européen. Il a déposé en tout 22 plaintes (dont certaines concernent également la reconnaissance faciale automatique récemment introduite sur le service ou les conditions d'utilisations trop souvent et trop discrètement modifiées).

Depuis, Facebook semble crouler sous les demandes de dossiers.

La filiale européenne affirme aujourd'hui qu'elle ne pourra pas les traiter par manque de moyens. Une excuse qui a certainement un fond de vérité puisque d'après Max Schrems « tous les utilisateurs de Facebook vivant en dehors des États-Unis et du Canada sont liés par contrat à Facebook Irlande ». Mais l'excuse risque d’entraîner de nouvelles plaintes et d'alimenter la suspicion.

Quoiqu'il en soit, cette nouvelle polémique autour de la collecte des données du réseau social prend une ampleur particulière. En 48 heures, l'article de Libération a été partagé plus de 21.000 fois. Sur Facebook, s'entend.

Source : Libération (Ecrans.fr) et le site de Max Schrems

Et aussi :

Formulaire de demande de données personnelles (NB : de manière assez ironique, il vous faudra envoyer une photocopie de votre carte d'identité)



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Avatar de ZiGoM@r ZiGoM@r
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Membre éclairé
le 17/04/2012 13:59
Dans le cas de la presse, comment serait appliqué le droit à l'oubli ?
En censurant les articles incriminés dans toutes les bibliothèques et autres archives ? En interdisant à tous leur communication à un tiers, au public ?

Les célébrités n'ont jamais eu ce droit alors que presse, radio et télévision existent depuis longtemps. La liberté d'expression implique que toute information légitimement rendue publique puisse le rester définitivement. Assumer ces erreurs n'est décidément plus au gout du jour, la liberté d'expression non plus...
Avatar de zeyr2mejetrem zeyr2mejetrem
http://www.developpez.com
Membre Expert
le 17/04/2012 14:20
Citation Envoyé par ZiGoM@r  Voir le message
Dans le cas de la presse, comment serait appliqué le droit à l'oubli ?
En censurant les articles incriminés dans toutes les bibliothèques et autres archives ? En interdisant à tous leur communication à un tiers, au public ?

Les célébrités n'ont jamais eu ce droit alors que presse, radio et télévision existent depuis longtemps. La liberté d'expression implique que toute information légitimement rendue publique puisse le rester définitivement. Assumer ces erreurs n'est décidément plus au gout du jour, la liberté d'expression non plus...

La différence intrinsèque entre la presse et Internet est l'existence des moteurs de référencement public.

Chercher un article paru il y a 10 ans dans un journal local alsacien sur une personne que tu viens de rencontrer sous entend que tu connais l'existence de l'article et nécessite un réel investissement de recherche.

Alors que de l'autre côté tu as juste à taper le nom de la personne dans Google.
Avatar de goomazio goomazio
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Membre Expert
le 18/04/2012 0:22
Citation Envoyé par ZiGoM@r  Voir le message
Dans le cas de la presse, comment serait appliqué le droit à l'oubli ?

Je ne sais pas, comme pour facebook. Mais je pense qu'il y a plus simple que le flashouillage (Men in black) :p
Avatar de ZiGoM@r ZiGoM@r
http://www.developpez.com
Membre éclairé
le 18/04/2012 14:45
Citation Envoyé par zeyr2mejetrem  Voir le message
La différence intrinsèque entre la presse et Internet est l'existence des moteurs de référencement public.

Chercher un article paru il y a 10 ans dans un journal local alsacien sur une personne que tu viens de rencontrer sous entend que tu connais l'existence de l'article et nécessite un réel investissement de recherche.

Alors que de l'autre côté tu as juste à taper le nom de la personne dans Google.

Ce droit ne s'appliquerait donc qu'au web... Ou alors, puisqu'il est de toute façon inapplicable totalement (copies multiples, etc..), on explique aux gens qu'il ne sont pas obligés d'user de leur identité civile lorsqu'ils rendent sciemment une information publique. Depuis mes premiers pas sur internet, ma mère, qui à encore du mal avec le clic droit, ainsi que plusieurs de mes professeurs, m'ont expliqué que je ne devait pas publier quoi que ce soit qui puisse m'identifier dans le civil. C'est du simple bon sens. On prévient les problèmes en plus de préservé la liberté d'expression, au lieu d'handicaper toujours plus l'innovation tout en déresponsabilisant encore un peu le citoyen en manque de nouveaux droits, qui désire tout naturellement rendre coupables les médias de ses propres erreurs.

Mais parce qu'être anonyme, c'est être un collabo-pédophile et que Google, Apple et Facebook c'est des méchants qui m'obligent a raconter ma vie à l'ensemble de l'humanité, nous offrirons sur un plateau le droit à l'oubli à tous ceux que cela arrangent bien (intellectuels, politiques, etc..), parce que quelques naïfs refusent d'assumer leurs erreurs. Le principe de Responsabilité du citoyen, source de ses Devoirs, est ce qui garantit toutes ses Libertés et donc ses Droits.
Le pouvoir au peuple... mais sans les responsabilités qu'il implique !
(Ou comment les citoyens mettrons fin à la démocratie...)
Avatar de zeyr2mejetrem zeyr2mejetrem
http://www.developpez.com
Membre Expert
le 18/04/2012 15:37
Citation Envoyé par ZiGoM@r  Voir le message
Ce droit ne s'appliquerait donc qu'au web... Ou alors, puisqu'il est de toute façon inapplicable totalement (copies multiples, etc..), on explique aux gens qu'il ne sont pas obligés d'user de leur identité civile lorsqu'ils rendent sciemment une information publique. Depuis mes premiers pas sur internet, ma mère, qui à encore du mal avec le clic droit, ainsi que plusieurs de mes professeurs, m'ont expliqué que je ne devait pas publier quoi que ce soit qui puisse m'identifier dans le civil. C'est du simple bon sens. On prévient les problèmes en plus de préservé la liberté d'expression, au lieu d'handicaper toujours plus l'innovation tout en déresponsabilisant encore un peu le citoyen en manque de nouveaux droits, qui désire tout naturellement rendre coupables les médias de ses propres erreurs.

Mais parce qu'être anonyme, c'est être un collabo-pédophile et que Google, Apple et Facebook c'est des méchants qui m'obligent a raconter ma vie à l'ensemble de l'humanité, nous offrirons sur un plateau le droit à l'oubli à tous ceux que cela arrangent bien (intellectuels, politiques, etc..), parce que quelques naïfs refusent d'assumer leurs erreurs. Le principe de Responsabilité du citoyen, source de ses Devoirs, est ce qui garantit toutes ses Libertés et donc ses Droits.
Le pouvoir au peuple... mais sans les responsabilités qu'il implique !
(Ou comment les citoyens mettrons fin à la démocratie...)

Je suis d'accord que si l'on publie une info sous son identité réelle on doit en prendre la responsabilité.
Je suis complètement pour le retour de la notion de responsabilité dans la société et comme toi je pense qu'on cherche trop à déresponsabiliser les gens.

Cependant je vois 2 cas qui posent un réel problème et qui pourraient nécessiter un dispositif de "dépublication".

Premièrement le cas où le "publieur" est mineur. On ne peut pas attendre d'une ou d'un ado de 14 ans d'avoir le discernement d'un adulte et d'assumer toute sa vie une erreur de jeunesse. (et je ne pense pas qu'on puisse leur couper l'accès à Internet non plus)

Deuxièmement, le cas où le "publieur" n'est PAS la personne intéressée. On tombe dans ce cas dans l'usurpation et avant de considérer les moyens d'empêcher l'usurpation, on peut déjà envisager un moyen de limiter le préjudice subi.
En effet, il est très facile, grâce à Internet de pourrir la vie de quelqu'un en publiant de fausses infos tout en ayant un risque limité d'être pris (pour peu qu'on ait 1 ou 2 sous d'intelligence)
Avatar de psykokarl psykokarl
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Membre confirmé
le 18/04/2012 16:35
Pour la petite anecdote.

J'ai un faux compte facebook crée pour consulter des événements relatif à un groupe d'amis. Tout y est bidon, jusqu’à l'adresse e-mail qui ne sert pas à autre chose.
Ben facebook me propose si je veux ajouter d'autres amis et d'ancien collègues de bureau dans mes contacts. Inutile de vous dire que ceux ci ne savent pas que j'ai de compte facebook et qu'ils n'ont pas de liens avec mes contacts facebook au moins jusqu’à à partir du deuxième degré (j'ai pas verif plus loin).

Ça ne vient pas des informations que j'ai mis. Ils m'ont donc retrouvé activement.
Avatar de zeyr2mejetrem zeyr2mejetrem
http://www.developpez.com
Membre Expert
le 18/04/2012 16:59
Citation Envoyé par psykokarl  Voir le message
Pour la petite anecdote.

J'ai un faux compte facebook crée pour consulter des événements relatif à un groupe d'amis. Tout y est bidon, jusqu’à l'adresse e-mail qui ne sert pas à autre chose.
Ben facebook me propose si je veux ajouter d'autres amis et d'ancien collègues de bureau dans mes contacts. Inutile de vous dire que ceux ci ne savent pas que j'ai de compte facebook et qu'ils n'ont pas de liens avec mes contacts facebook au moins jusqu’à à partir du deuxième degré (j'ai pas verif plus loin).

Ça ne vient pas des informations que j'ai mis. Ils m'ont donc retrouvé activement.

Ils n'en ont pas eu besoin, je pense.
Tu dois avoir un "ami" qui t'as balancé (même sans en avoir conscience).
Il suffit qu'un de tes amis t'ait identifié sur une photo en mettant ton nom-prénom et qu'un autre t'ait identifié en utilisant ton compte.
Avatar de Model_T101 Model_T101
http://www.developpez.com
Nouveau Membre du Club
le 19/04/2012 18:37
"Big Brother is watching you" de toutes façons. Notre monde est comme ça...
Avatar de goomazio goomazio
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Membre Expert
le 20/04/2012 1:31
Le principe de Responsabilité du citoyen, source de ses Devoirs, est ce qui garantit toutes ses Libertés et donc ses Droits.

Je suis d'accord avec vous, les gens ont des responsabilités.

Je ne me plains pas d'avoir mes âneries postées en ligne pour l'éternité.

Je me plains de l'existence d'un site qui ressemble comme deux goutes d'eau à un journal intime et qui ne prévient qu'en tout petit dans les CGU de la visibilité réelle des informations qui y sont publiées.
Avatar de Bluedeep Bluedeep
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Inactif
le 20/04/2012 9:37
Citation Envoyé par Model_T101  Voir le message
"Big Brother is watching you" de toutes façons. Notre monde est comme ça...

Sauf que Orwell n'aurait même pas imaginé qu'on en fasse un choix délibéré
Avatar de ZiGoM@r ZiGoM@r
http://www.developpez.com
Membre éclairé
le 20/04/2012 12:11
Citation Envoyé par zeyr2mejetrem  Voir le message
Premièrement le cas où le "publieur" est mineur. On ne peut pas attendre d'une ou d'un ado de 14 ans d'avoir le discernement d'un adulte et d'assumer toute sa vie une erreur de jeunesse. (et je ne pense pas qu'on puisse leur couper l'accès à Internet non plus)

Deuxièmement, le cas où le "publieur" n'est PAS la personne intéressée. On tombe dans ce cas dans l'usurpation et avant de considérer les moyens d'empêcher l'usurpation, on peut déjà envisager un moyen de limiter le préjudice subi. [...]

Et ceci ne devrait s'appliquer qu'au web ? Pourtant, le préjudice est au moins aussi grave avec les médias classiques.
Aussi, usurpation d'identité, diffamation, calomnie, etc.. constituent déjà des délits, pourquoi revendiquer un droit à l'oubli et donc imposer un devoir d'oubli aux autres acteurs ?

En effet, il est très facile, grâce à Internet de pourrir la vie de quelqu'un en publiant de fausses infos tout en ayant un risque limité d'être pris (pour peu qu'on ait 1 ou 2 sous d'intelligence)

Les autres médias pourrissent régulièrement la vie de certains, à juste titre ou non, et les archives non censurées n'empêchent pas le peuple d'oublier.
Reste qu'effectivement, usurpation d'identité, diffamation et calomnie sont beaucoup plus simples à mettre en œuvre aujourd'hui. On peut aussi considérer que le fait que des propos reconnus comme délictueux restent accessibles au public embarrassent d'avantage celui qui les a tenu que leur victime.

Concernant les autres pratiques de Facebook & co, je rejoins tous ceux qui vomissent sur ces entreprises qui vivent en grande partie des atteintes à la vie privée de leurs utilisateurs (non consentants) et de leurs proches (qui n'en tirent aucun avantage !). Vous ne m'entendrez pas souvent le dire, mais c'est à l’état de réglementer ces pratiques.

Citation Envoyé par Bluedeep  Voir le message
Sauf que Orwell n'aurait même pas imaginé qu'on en fasse un choix délibéré

Ce n'est pas forcément mauvais signe. Certains journalistes dévoilent publiquement leurs opinions, à visages découverts : c'est Démocratie. Le tunisien qui "raconte sa vie" de militant sur Facebook prenait (prend ?) un risque ; il doit l'assumer. Je me moque de la petite vie du New Yorkais moyen, mais le fait qu'il l'assume publiquement est plutôt révélateur de la confiance des peuples en leurs gouvernements et autres puissances. Reste que tous les peuples comptent une bonne part de cons, qui viendrons immanquablement se plaindre que leur patron a eu accès aux rémanences numériques de leurs festifs excès sciemment publiés.
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